Franchises, médicaments, dentiste : ce que vous pourriez payer de plus en 2027

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 09/08/2026
budget 2027
New Planet Media
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Face au déficit massif de l'Assurance maladie attendu pour 2026, le gouvernement prépare des coupes sévères dans les remboursements santé qui risquent paradoxalement d'alourdir la facture globale en saturant les urgences.

L’angle est bon, mais plusieurs corrections sont nécessaires : le plafond actuel est de 50 € pour les franchises et de 50 € pour les participations, soit 100 € au total. Le projet porterait chaque plafond à 100 €, soit 200 € cumulés. Par ailleurs, ces mesures restent, au 9 août 2026, des projets et non des décisions toutes entrées en vigueur.

Version corrigée

Alors que le trou de la Sécurité sociale demeure abyssal, l’exécutif cherche de nouvelles économies pour préparer le budget 2027. Médicaments, soins dentaires, transports sanitaires et franchises médicales sont dans le viseur. Mais ce transfert de dépenses vers les patients et les mutuelles alimente la crainte d’un renoncement accru aux soins.

Un déficit de 13,8 milliards d’euros pour l’Assurance maladie

Le rapport « Charges et Produits pour 2027 » évalue le déficit de l’Assurance maladie à 13,8 milliards d’euros en 2026. Ce montant reste considérable, même s’il recule de plus de 2 milliards par rapport à 2025. Pour contenir la progression des dépenses, la Cnam avance 3,9 milliards d’euros de pistes d’économies pour 2027.

L’organisme préconise notamment d’améliorer la pertinence des prescriptions, de renforcer la lutte contre les fraudes et de développer la prévention. De son côté, le gouvernement prépare plusieurs mesures qui réduiraient la part directement remboursée par l’Assurance maladie. À ce stade, elles doivent encore être traduites dans des textes réglementaires ou dans le prochain budget de la Sécurité sociale. L’Assurance maladie détaille officiellement ses prévisions et ses propositions dans son rapport publié le 2 juillet 2026.

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Jusqu’à 200 euros de franchises et participations par an

Le changement le plus sensible concerne les sommes qui ne peuvent pas être remboursées par les complémentaires santé. Actuellement, les franchises appliquées aux médicaments, aux actes paramédicaux et aux transports sont plafonnées à 50 euros par an. Un second plafond de 50 euros concerne les participations forfaitaires prélevées sur les consultations, les examens radiologiques et les analyses.

Le gouvernement souhaite porter chacun de ces plafonds à 100 euros. Un patient très consommateur de soins pourrait donc supporter jusqu’à 200 euros par an, contre 100 euros actuellement. Les prélèvements unitaires resteraient en revanche fixés à 1 euro par boîte de médicaments et à 2 euros par consultation. Un décret est en préparation, selon les annonces de la ministre de la Santé Stéphanie Rist rapportées par Public Sénat.

Les mineurs, les femmes enceintes à partir du sixième mois et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État conserveraient leur exonération. En revanche, les patients en affection de longue durée ne sont pas automatiquement dispensés de ces prélèvements.

Médicaments et soins dentaires moins bien remboursés

D’autres transferts vers les complémentaires sont envisagés. Le remboursement des médicaments dont le service médical rendu est jugé faible pourrait passer de 15 % à 5 %. Celui des soins dentaires courants et de certains dispositifs médicaux reculerait de 60 % à 50 %, tandis que les transports sanitaires passeraient de 55 % à 50 %.

Pour les personnes disposant d’une mutuelle, une partie de la différence devrait être absorbée par leur contrat. Mais cette charge supplémentaire pourrait ensuite se répercuter sur les cotisations. Les assurés sans complémentaire seraient, eux, directement exposés à une augmentation du reste à charge.

Le renoncement aux soins déjà très répandu

Le baromètre FHF-Ipsos publié en mars 2026 révèle que 73 % des Français ont renoncé à au moins un soin au cours des cinq dernières années. Ce chiffre ne s’explique toutefois pas uniquement par l’argent : l’allongement des délais constitue la première cause citée. Parmi les personnes concernées, 40 % évoquent néanmoins des raisons financières. L’enquête a été menée auprès de 2 500 adultes représentatifs de la population française.

La crainte des professionnels est simple : retarder une consultation, un traitement ou des soins dentaires peut laisser une pathologie s’aggraver jusqu’à nécessiter une prise en charge hospitalière. À l’AP-HP, les tarifs journaliers 2026 dépassent 1 600 euros en médecine, approchent 2 000 euros en chirurgie et franchissent 3 500 euros en réanimation. Ces montants ne peuvent pas être comparés directement au prix d’une consultation, mais ils illustrent l’enjeu économique de la prévention.

Les économies annoncées pourraient donc produire un effet inverse si elles conduisent davantage de patients à différer des soins indispensables. Leur impact réel dépendra du contenu définitif des décrets et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

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