Mort du "boucher des Balkans" en détention : il aura droit à des funérailles nationales !

Publié par Matthieu Chauvin
le 28/08/2026
Srebenica
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Depo Photos/ABACA
L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladić est mort à 84 ans en détention à La Haye, où le gouvernement serbe a confirmé l'organisation d'obsèques officielles avec les honneurs militaires.

L'annonce de la disparition de l'ancien général serbe clôt le parcours judiciaire de l'une des figures centrales des guerres d'ex-Yougoslavie. Alors que Belgrade prépare activement le retour de son corps, ce choix réveille de vives fractures politiques et mémorielles au cœur des Balkans.

Décès en détention et honneurs d'État officialisés par la Serbie

L'ancien général Ratko Mladić s'est éteint le jeudi 27 août 2026 à l'âge de 84 ans dans l'unité médicale du centre pénitentiaire des Nations unies, situé aux Pays-Bas, à La Haye. Cette disparition survient quelques jours après la décision du Mécanisme international résiduel pour les tribunaux pénaux de l'ONU, qui avait rejeté une demande de transfert sanitaire vers un établissement hospitalier de Belgrade.

Le gouvernement serbe a immédiatement confirmé la tenue d'un hommage solennel. Le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujić, a déclaré sur les ondes de la radio K1 : "Il est certain que le général Mladic recevra tous les honneurs militaires et d'Etat auxquels il a droit." Cette déclaration, citée par Le Figaro, entérine la reconnaissance publique de l'ex-commandant par les institutions de son pays.

Belgrade organise dès à présent les démarches logistiques pour rapatrier la dépouille. "Nous sommes prêts à nous rendre à la Haye dès que nous saurons quelles sont les prochaines étapes", a précisé Nenad Vujić, assurant qu'une coordination étroite est en cours avec les instances judiciaires internationales pour régler les modalités de ce transfert vers le territoire serbe.

Mémoire du génocide et fractures diplomatiques avec l'Union européenne

Ce protocole d'État réactive le lourd passif de la guerre de Bosnie, qui a fait environ 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. Arrêté en 2011 en Serbie après 16 ans de cavale, Ratko Mladić purgeait une peine de prison à perpétuité prononcée par le TPIY en 2017 et confirmée en appel en 2021. La justice internationale l'a reconnu coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, en raison notamment du massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques à Srebrenica en juillet 1995 et du siège meurtrier de Sarajevo.

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L'octroi d'honneurs d'État met en lumière le décalage persistant entre la mémoire officielle entretenue par une partie de la classe politique serbe et le rejet absolu exprimé par les familles de victimes ainsi que les instances de l'ONU. Pour les associations de rescapés de Srebrenica, ces funérailles militaires constituent une offense directe à la mémoire des disparus.

Cette initiative risque d'accentuer les tensions avec les autorités de Bosnie-Herzégovine et de fragiliser le dialogue régional. Sur le plan international, la décision de Belgrade complique sa position vis-à-vis de l'Union européenne, qui rappelle régulièrement que l'alignement sur les valeurs démocratiques et le respect des condamnations pour crimes de guerre conditionnent l'avancée du processus d'adhésion.

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