Fin de cavale pour "La Vioque" : un grand braqueur arrêté 26 ans après son évasion

Publié par Matthieu Chauvin
le 01/07/2026
Avis de recherche Dominique Delattre
Autre
© Europol
Le braqueur nîmois Dominique Delattre, l'un des fugitifs les plus recherchés d'Europe, a été interpellé le 24 juin 2026 près de Séville, mettant fin à plus d'un quart de siècle de cavale.

L'homme s'était volatilisé il y a plus d'un quart de siècle. Après une évasion retentissante au début des années 2000, celui que le milieu surnomme "La Vioque" ou "La Vieille" croyait avoir définitivement échappé à la justice française. Son arrestation soudaine, révélée par Le Parisien d'après des informations de France 3 Occitanie, vient clore un dossier tentaculaire, ravivant le souvenir d'un braquage ultraviolent et d'une fuite rocambolesque.

Arrestation à Séville par la police espagnole

Le coup de filet a eu lieu sous le soleil de l'Andalousie. Visé par un mandat d'arrêt européen, Dominique Delattre a été interpellé par les forces de l'ordre espagnoles dans la province de Séville, le 24 juin 2026. Selon la police locale, le fugitif vivait paisiblement sous une fausse identité. Il s'était habilement fondu dans le décor andalou en travaillant notamment dans le secteur de la restauration. Il bénéficiait très probablement de discrets soutiens logistiques locaux pour maintenir cette couverture sur une si longue durée.

Pourtant, une erreur d'apparence anodine a causé sa chute. Selon la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), c'est son accent français persistant qui a éveillé les premiers soupçons dans son entourage professionnel. Ce détail linguistique a ensuite été croisé avec une surveillance technique extrêmement pointue. Les enquêteurs de la DNPJ ont minutieusement placé sur écoute les lignes téléphoniques des membres de sa famille et de ses anciens complices restés en France.

Ce succès policier résulte d'une étroite coopération internationale. Les brigades de recherche françaises ont travaillé de concert avec Europol et la police espagnole pour identifier et neutraliser cet homme de 64 ans. Son visage trônait pourtant dans tous les commissariats du continent, illustrant la grande difficulté d'intercepter un individu déterminé à effacer ses traces, même face aux immenses moyens de surveillance contemporains.

Vous avez aimé cet article ?

Un lourd passé de grand banditisme ressurgit

Pour saisir les véritables enjeux de cette traque, il faut remonter à l'année 1997. À cette époque, dans la commune de Baillargues, Dominique Delattre participe activement à l'attaque sanglante d'un fourgon blindé. L'assaut laisse un convoyeur de fonds gravement blessé sur le bitume, traumatisant la région. Jugé par contumace pour ces faits d'une extrême violence, le braqueur écope d'une lourde peine fixée à 20 ans de réclusion criminelle.

Incarcéré dans un premier temps, il orchestre rapidement une fuite artisanale mais redoutablement efficace. Le 25 août 2000, il s'échappe de la maison d'arrêt de Nîmes en utilisant de simples échelles de corde, solidement accompagné de son complice Mohamed Amimer. D'après les rapports d'enquête de l'époque, le tout dernier signe de vie du braqueur prend la forme d'une Peugeot 406 retrouvée entièrement calcinée sur l'autoroute A9. Ensuite, le vide absolu s'installe.

Face à ce profil inquiétant qui continuait de narguer les autorités, l'agence européenne de police criminelle avait fini par durcir le ton. "Dominique Delattre figurait sur la liste 'EU Most Wanted', réservée aux profils les plus dangereux du continent", souligne un récent communiqué conjoint d'Europol et de la Gendarmerie Nationale. Cette mention justifie son inscription sur la célèbre liste des fugitifs prioritaires intervenue en décembre 2024.

Aujourd'hui, l'heure des comptes a officiellement sonné. La complexe procédure d'extradition vers la France est désormais enclenchée, bien que les recours juridiques espagnols puissent retarder un retour immédiat. Une fois rapatrié, Dominique Delattre devra obligatoirement purger sa peine initiale de deux décennies. Conformément à l'article 434-27 du Code pénal, les magistrats instructeurs prévoient également d'engager des poursuites supplémentaires liées au délit d'évasion. Un ajout judiciaire qui vient alourdir la facture d'une cavale longue de vingt-six années.

Google News Voir les commentaires