Mégafeu du Porge : colère des sinistrés contre la gestion de crise et plainte contre Enedis

Publié par Matthieu Chauvin
le 27/08/2026
Mégafeu Le Porge
abacapress
© Buklett/ABACA
Un mois après les incendies dévastateurs en Gironde, les sinistrés du Porge demandent des comptes à l'État sur la gestion des secours et attaquent Enedis en justice.

En Gironde, le traumatisme des flammes laisse désormais place à une vive contestation locale. Alors que le département a vu 42 000 hectares de forêt réduits en cendres et près de 200 000 personnes évacuées, la commune du Porge panse ses plaies avec 183 maisons détruites, représentant environ 12 % de ses logements. Dans ce climat de tension, riverains et associations haussent le ton face aux autorités publiques et aux industriels.

Face-à-face tendu avec la préfecture et offensive judiciaire

Lors d'une réunion publique houleuse organisée au Porge, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, et le directeur du Sdis 33 ont fait face à l'incompréhension des résidents. Les sinistrés ont dénoncé un sentiment d'abandon, fustigeant des lenteurs dans les ordres d'évacuation et reprochant aux autorités un arbitrage défavorable, interprété par certains comme un sacrifice de leur secteur au profit d'autres infrastructures.

Sur le terrain judiciaire, le gestionnaire du réseau électrique se retrouve directement ciblé. L'association Robin des Bois et des riverains ont déposé plainte auprès du parquet de Bordeaux, pointant des travaux de débroussaillement menés sous une ligne électrique à Saumos en pleine alerte rouge météo.

Dans son recours cité par RMC, l'ONG affirme : "Ce manque de bon sens et la négligence d'ENEDIS et de ses prestataires ont entraîné la destruction de plus de 42.000 hectares de forêt." L'avocat mandaté par des habitants, Me Sylvain Galinat, a prévenu sur franceinfo : "Il y aura sûrement un dépôt de plainte pénale, c'est évident. Il y aura sans doute aussi des actions sur les plans administratif et civil."

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Stratégie des secours et bataille juridique des responsabilités

Face aux critiques, les autorités défendent leurs choix tactiques à travers un premier retour d'expérience (Retex). La préfecture et les sapeurs-pompiers rappellent l'imprévisibilité d'un sinistre hors norme où la priorité absolue restait la protection des vies humaines. "On ne démunit pas l'un pour l'autre […] notre priorité, c'est de sauver des vies", a martelé Sophie Brocas auprès de BFM TV.

Le volet judiciaire devra déterminer si le chantier contesté respectait les arrêtés préfectoraux en vigueur. Les magistrats examinent l'article 322-5 du Code pénal, réprimant les destructions involontaires par manquement à une obligation de sécurité, ainsi que l'article L. 411-1 du Code de l'environnement protégeant les espèces menacées. Pour les sinistrés, cette procédure s'avère déterminante pour éclaircir les responsabilités civiles et administratives, tout en facilitant les démarches d'indemnisation auprès des assurances pour reconstruire.

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