Marine Le Pen a présenté son "contre-budget" pour dégager 140 milliards d'euros d'économies
En amont de l'examen du projet de loi de finances à l'Assemblée nationale, le parti à la flamme présente sa propre vision des comptes publics. Entourée de Jordan Bardella et de Jean-Philippe Tanguy, la présidente du groupe parlementaire a formalisé une stratégie chiffrée destinée à préparer l'échéance présidentielle de 2027.
Marine Le Pen dévoile une trajectoire de 140 milliards d'euros d'économies
Réunis ce mardi 6 octobre 2026 au siège de leur formation, les dirigeants ont exposé un plan d'économies nettes inédit. Selon l'Agence France-Presse, Marine Le Pen a précisé son intention : "Compte tenu de la hausse des taux et du budget indigent que proposent Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, je vous annonce dès maintenant que nous portons l'ajustement nécessaire à 140 milliards d'euros nets d'économies en 2032 par rapport à 2026." La députée a complété son avertissement : "Si les Français ne choisissent pas une rupture politique, la France court vers le défaut."
Le mouvement fixe des indicateurs macroéconomiques ambitieux. Le projet entend rétablir l'équilibre primaire en 18 mois, puis ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB dès 2030, face aux 5,4 % attendus par le gouvernement en 2026. La trajectoire projette également une dette contenue à 112 % du PIB et un reflux des dépenses publiques sous le seuil des 50 % d'ici 2032.
Pour dégager ces marges de manœuvre, le contre-budget articule quatre axes majeurs d'austérité administrative. L'État absorberait 24 milliards d'euros d'efforts via la révision générale des crédits, la fin de leur reconduction automatique et la suppression d'agences publiques. Les comptes de la Sécurité sociale subiraient une compression de 20 milliards d'euros.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la priorité nationale et le durcissement d'accès aux prestations pour les étrangers rapporteraient 12 à 15 milliards d'euros dès la première année, pour atteindre 29 milliards d'euros à terme. Enfin, le parti compte amputer de 9 milliards d'euros la participation de la France au budget de l'Union européenne.
Promesses fiscales, faisabilité juridique et répercussions pour les ménages
Le volet fiscal s'accompagne d'une promesse d'allègement de 30 milliards d'euros sur le quinquennat. Sur BFMTV, Jordan Bardella a ainsi résumé son action future : "Ma première décision si je suis chef du gouvernement sera de supprimer une myriade de 120 taxes et impôts." Le programme prévoit d'abaisser la TVA de 20 % à 5,5 % sur l'électricité, le gaz et les carburants, d'exonérer un panier de produits de première nécessité et d'intégrer une composante d'épargne par capitalisation au régime des retraites.
Ce cadrage financier se heurte toutefois à de sérieux verrous institutionnels. L'application de la priorité nationale sur les allocations sociales contrevient frontalement aux principes constitutionnels d'égalité ainsi qu'aux normes du droit européen. De son côté, la minoration unilatérale des versements financiers à destination de Bruxelles exigerait une renégociation formelle des traités communautaires, une démarche sans garantie d'aboutissement.
Ce contre-budget s'inscrit au cœur d'une confrontation directe avec le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu. Alors que l'examen budgétaire débute dans l'hémicycle, le groupe parlementaire du RN agite l'arme de la motion de censure, laissant planer la perspective d'une crise politique majeure au Palais-Bourbon.
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