Dette publique : Marine Le Pen défend une "règle d'or" par référendum

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/10/2026
Marine Le Pen
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Face à la dérive des finances publiques, Marine Le Pen propose dans une tribune accordée à L'Opinion d'instaurer une règle d'or budgétaire par référendum pour plafonner le déficit de l'État.

Alors que la dette publique française dépasse 110 % à 115 % du PIB, les débats budgétaires s'enveniment à l'Assemblée nationale. La cheffe de file des députés du Rassemblement national intervient directement dans cette bataille financière en suggérant un tournant institutionnel. Son initiative entend contraindre durablement la trajectoire financière de l'État face aux créanciers internationaux.

Marine Le Pen réclame un référendum pour bloquer le déficit public

Dans une tribune publiée par L'Opinion, Marine Le Pen expose sa méthode pour juguler l'endettement national. La députée annonce son intention de consulter directement les citoyens afin de graver une discipline stricte dans le texte suprême : "Je proposerai aux Français d'adopter une règle d'or budgétaire par référendum."

Le dispositif proposé repose sur l'inscription d'un plafond de déficit public maximal strict, fixé à 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ce seuil reprend les critères initiaux du Pacte de stabilité européen, mais se verrait cette fois sanctuarisé par la souveraineté populaire française. L'exécutif ne pourrait plus s'affranchir de cette limite lors de l'élaboration de la loi de finances annuelle.

Pour appuyer son projet, Marine Le Pen dénonce le surendettement accumulé par les gouvernements successifs ces dernières décennies. Elle justifie ce verrou constitutionnel par la nécessité impérieuse de reprendre le contrôle de la politique budgétaire et de protéger le pays contre les sanctions des agences de notation ou la pression des marchés financiers.

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Virage doctrinal au Rassemblement national et casse-tête juridique

Cette annonce constitue une rupture avec la ligne historique du mouvement. En 2012, lors de l'adoption du traité sur la stabilité budgétaire européenne, le parti combattait farouchement ce mécanisme, qualifié à l'époque de "carcan austéritaire attentatoire à la démocratie". Le député Jean-Philippe Tanguy a reconnu cette évolution sur LCI : "C'est vrai qu'historiquement, notre famille politique était assez hostile à la règle d'or. Non pas pour tenir les comptes publics, [...] mais parce que c'est une limitation de la souveraineté populaire." Le mouvement tente ainsi de crédibiliser son discours économique.

Sur le plan légal, la faisabilité de cette réforme soulève des interrogations institutionnelles majeures. L'article 89 de la Constitution exige le vote conforme du Sénat et de l'Assemblée nationale avant toute soumission aux électeurs. Pour contourner un probable blocage parlementaire, le parti envisage l'article 11, une voie directe fréquemment contestée par les constitutionnalistes pour modifier la norme fondamentale.

Cette limitation suscite également de fortes craintes pour le pouvoir d'achat des contribuables et le fonctionnement des services publics. En cas de crise économique brutale, le blocage des dépenses publiques sous la barre des 3 % du PIB restreindrait la marge de manœuvre de l'État. Les besoins d'investissements dans les hôpitaux, les retraites ou les infrastructures se heurteraient à un risque immédiat de coupes budgétaires massives ou d'alourdissement de la fiscalité.

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