"Ils décapitent les cerfs devant chez moi" : ce célèbre réalisateur harcelé par des chasseurs ?
Ce nouvel épisode ravive une vive discorde au cœur de la commune de Cisai-Saint-Aubin, en plein lancement de la saison cynégétique. Le cinéaste pointe du doigt des manœuvres d'intimidation répétées aux abords de son domaine normand. L'affaire réveille un contentieux persistant entre défenseurs de la propriété privée et pratiquants de battues forestières.
Une dépouille de grand gibier mutilée et abandonnée en lisière de forêt
Le 20 septembre, le réalisateur a diffusé sur ses réseaux sociaux des clichés montrant la dépouille ensanglantée d'un cervidé, décapité et perforé au niveau de l'abdomen. Le cadavre gisait à l'abandon en bordure immédiate de son domaine boisé. Dès le week-end d'ouverture générale de la chasse, Luc Besson a imputé sans équivoque cet acte barbare à des chasseurs du secteur, dénonçant publiquement des dérives inacceptables : "Ils décapitent les cerfs devant chez moi et laissent pourrir les corps."
Cette alerte publique suscite une vive émotion chez les riverains et les défenseurs de la faune. Des constats matériels sont attendus sur le terrain pour déterminer avec exactitude les circonstances de la mort de l'animal. Une saisine de l'Office français de la biodiversité (OFB) ainsi qu'un dépôt de plainte restent envisagés pour atteinte illégale au gibier et dépôt sauvage de restes d'animaux.
Récidive, condamnations judiciaires et conflit territorial dans l'Orne
Cette découverte réveille le souvenir d'un précédent traumatisant survenu en février 2025. Des veneurs et leur meute de chiens avaient alors pénétré sur la parcelle occupée par la mère du réalisateur, âgée de 85 ans, pour achever un cerf traqué à l'arme blanche sur sa propre terrasse. Lors de l'audience tenue le 9 décembre 2025, le cinéaste avait fustigé cette intrusion devant les magistrats, selon des propos rapportés par l'AFP : "Ils ont tué l'animal comme des sauvages en rentrant chez une dame de 85 ans sans rien lui demander. Elle n'a jamais demandé à ce qu'on l'achève. C'est odieux."
Le dénouement judiciaire de cette intrusion s'était soldé, le 20 janvier 2026, par un jugement sévère du tribunal judiciaire d'Argentan. Deux chasseurs avaient écopé d'un retrait du permis de chasser pendant un an, assorti d'amendes de 600 euros chacun et de 3 000 euros de dommages et intérêts alloués aux parties civiles, dont l'ASPAS et l'Association Stéphane Lamart, pour chasse sur le terrain d'autrui sans autorisation.
Cet affrontement s'enracine dans un contentieux territorial plus large. Propriétaire d'un ensemble de 160 hectares, dont 84 hectares de forêt, Luc Besson refuse catégoriquement l'exercice de la chasse sur ses parcelles, transformées de fait en refuge naturel. Ce positionnement irrite historiquement la Fédération départementale des chasseurs de l'Orne, confrontée à cette zone d'exclusion pour le grand gibier.
Sur le plan légal, les auteurs encourent de lourdes sanctions pénales. L'article L. 428-1 du Code de l'environnement réprime sévèrement les infractions de braconnage et la chasse sur autrui sans accord préalable. En parallèle, l'article L. 226-1 du Code rural et de la pêche maritime interdit formellement l'abandon de cadavres de grands mammifères en pleine nature, imposant le recours obligatoire aux filières d'équarrissage pour des impératifs sanitaires stricts.
Voir les commentaires