Affaire Luc Besson : vers une reprise de l’enquête après la découverte d’un nouvel élément

Publié par Julien Pinardi
le 13/05/2026
Luc Besson
abacapress
Après des années de bataille judiciaire, de nouvelles traces ADN découvertes sur un vêtement de la plaignante pourraient justifier la réouverture de l'enquête pour viol visant le cinéaste Luc Besson.

Depuis 2018, l'actrice Sand Van Roy accuse le réalisateur français d'agression sexuelle lors d'un rendez-vous dans un palace parisien. Alors que la justice avait prononcé un non-lieu définitif en 2023, ce dossier complexe connaît aujourd'hui un sursaut inattendu grâce aux démarches indépendantes de la partie civile, révèle Public.

Un élément inédit : l'ADN qui relance tout

Le parquet général de Paris a requis la reprise des investigations à la suite d'analyses menées par un laboratoire néerlandais. Sand Van Roy a en effet mené elle-même les démarches pour faire expertiser ses vêtements à l'étranger, face aux multiples classements sans suite en France. Ces examens récents ont permis d'isoler des empreintes génétiques sur un sous-vêtement datant de la soirée incriminée

Selon les réquisitions citées par l'AFP et Mediapart, ces résultats constituent un "élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles [...] justifiant la réouverture de l'information en vue de nouvelles investigations." La défense précise que la trace sur la partie arrière de la lingerie a été formellement identifiée comme appartenant à Luc Besson.

Carence de l'enquête : les zones d'ombre de l'instruction initiale

Ce rebondissement met en lumière les limites des premières expertises réalisées sur le sol français. Lors des investigations initiales, le sous-vêtement de la plaignante n'avait pas été analysé dans sa globalité. Me Antoine Gitton, l'avocat de Sand Van Roy, fustige cette omission. Il affirme que "l'absence d'analyse de l'arrière du string pendant une instruction pour viol digital anal représente une carence de l'enquête", comme il le confie aux Inrocks. Pour la partie civile, ces expertises scientifiques pourraient ébranler la version défendue par le réalisateur depuis le début de l'affaire.

Vous avez aimé cet article ?

Rappel des faits : huit ans de procédure et de contestations

Le point de départ remonte au 18 mai 2018, lorsque la comédienne dépose plainte quelques heures après une rencontre au Bristol. De son côté, Luc Besson a toujours contesté toute contrainte. Le cinéaste a concédé l'existence d'une relation extra-conjugale, décrivant un rapport consenti empreint de "douceur ", tout en précisant n'avoir "pas le souvenir" de certains actes, selon ses déclarations rapportées par l'AFP. Ce récit avait convaincu les magistrats, conduisant à un non-lieu en décembre 2021, validé par la Cour de cassation en juin 2023.

L'audience du 2 juin : le tournant décisif pour le mouvement #MeToo

La cour d'appel de Paris convoque sa chambre de l'instruction le 2 juin 2026 pour statuer sur la reprise officielle de ce dossier emblématique. Me Thierry Marembert, l'avocat du réalisateur, refuse de s'exprimer avant cette date, rappelant que la justice a déjà tranché à quatre reprises en faveur de son client. Si de nouveaux juges sont désignés, l'affaire pourrait connaître un revirement marquant dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles en France.

Google News Voir les commentaires