Faut-il mettre fin aux 35 heures : Retailleau pour, Édouard Philippe contre

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/09/2026
Bruno retailleau
abacapress
© Stevens Tomas/ABACA
En direct sur LCI, Bruno Retailleau a officialisé son projet de supprimer la durée légale des 35 heures pour la prochaine présidentielle en renvoyant le temps de travail au dialogue en entreprise. Édouard Philippe lui s'était prononcé contre cette option.

Vingt-six ans après la mise en place des lois Aubry, le totem des 35 heures redevient la cible favorite de l'opposition. L'ancien ministre de l'Intérieur entend transformer ce débat économique en un symbole fort de sa candidature, ravivant une promesse chère aux électeurs de droite.

L'annonce sur LCI : renvoyer la durée du travail au cœur de l'entreprise

Invité le 22 septembre 2026 sur le plateau de LCI, Bruno Retailleau a plaidé pour l'abrogation pure et simple d'une durée légale hebdomadaire dictée par l'État. Pour le sénateur de Vendée, les règles doivent désormais s'écrire au plus près du terrain, au sein des branches professionnelles et des négociations d'entreprise.

"Je propose que l'organisation du temps de travail soit laissée à la négociation collective dans chaque entreprise ou chaque branche, en arrêtant de se référer à une durée hebdomadaire de 35 heures", souligne-t-il dans une tribune publiée par Les Républicains pour justifier cette décentralisation sociale.

La mécanique du "travailler plus" : 30 minutes par jour et choc d'exonérations

Le représentant de la droite propose d'inciter chaque salarié à effectuer 30 minutes supplémentaires par jour, soit deux heures et demie de plus chaque semaine. Pour rendre la formule attractive, il mise sur un dispositif de "zéro cotisation" applicable aux heures excédentaires, soulageant tant les employeurs que les employés.

Le prétendant à l'Élysée martèle sa ligne directrice : "Passé 1 623 heures par an, je souhaite que toute heure supplémentaire travaillée ne donne plus lieu à des cotisations sociales, ni patronales ni salariales;"

Le mirage du gain salarial : les promesses confrontées à l'arithmétique

Dans les rangs de son état-major, l'argument massue promet l'équivalent de deux mois de salaire net supplémentaires par an. Pourtant, les calculs dévoilés par la rédaction de Capital tempèrent cet enthousiasme. L'ajout d'environ 110 à 120 heures annuelles ne permet pas d'atteindre un tel gain sans une hausse directe du taux horaire de base.

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Par ailleurs, plusieurs économistes s'inquiètent du manque à gagner pour la Sécurité sociale, menacée par une telle perte de recettes sans financement compensatoire clairement défini.

La rivalité avec Édouard Philippe : la surenchère pour le leadership à droite

Cette offensive marque aussi une passe d'armes directe avec Édouard Philippe. Le maire du Havre déclarait sur BFMTV le 30 août 2026 : "Je pense que faire les 35 heures était une erreur", assurant qu'"il faudra que chacun travaille un peu plus." Lui aussi avait assuré vouloir "donner le maximum de libertés dans l’entreprise." Avec une nuance toutefois : il n'est pas la peine de les supprimer puisque "beaucoup d’entreprises ont déjà trouvé une façon de s’organiser."

Face aux formules prudentes de son rival, Bruno Retailleau choisit une précision millimétrée, rappelant le fameux slogan de Nicolas Sarkozy en 2007. Une surenchère méthodique pour séduire le patronat et ravir le leadership du camp conservateur.

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