Suicide de Krisztina Rády : des rapports de police relancent la piste Bertrand Cantat

Publié par Matthieu Chauvin
le 04/05/2026
Bertrand Cantat
abacapress
© Bernard Patrick/ABACA
Seize ans après le suicide de Krisztina Rády, la découverte du terme ecchymose dans des rapports de police de 2010 pousse la justice à relancer l'enquête visant Bertrand Cantat.

En juillet 2025, le parquet de Bordeaux a officiellement ouvert de nouvelles investigations pour "violences volontaires par conjoint". Cette décision fait suite à l'émergence d'éléments troublants sur l'état physique de l'ex-épouse du chanteur au moment de son décès. Le dossier, longtemps considéré comme clos, dévoile aujourd'hui des zones d'ombre inattendues.

Le mot de la discorde : une "ecchymose" consignée dès les premières heures

Une révélation qui fait suite à une enquête de RTL bouleverse la lecture du drame. Des documents de police rédigés le 10 janvier 2010, jour de la disparition de Krisztina Rády, décrivent la présence d'une marque bleuâtre sur son visage. Les procès-verbaux de constatations précisent qu'une trace, qualifiée d'"ecchymose", marquait sa pommette droite. Cette mention écrite ébranle la théorie initiale qui écartait toute violence physique précédant son geste fatal.

Le témoignage de l'ancien commissaire : "erreur de langage" ou constat factuel ?

Interrogé sur ces écrits, Jean-Marc André, le commissaire de permanence ce jour-là, tente de minimiser la portée de ce vocabulaire. "À son arrivée, des collègues de la sécurité publique étaient déjà sur place et avaient rédigé un premier procès-verbal mentionnant une ecchymose", confie-t-il lors d'un entretien relayé par Entrevue. L'ancien policier, désormais retraité, penche pour une maladresse sémantique de la part de ses subordonnés. Cependant, l'usage répété de ce terme médical précis dans des documents officiels sème le doute sur la rigueur des vérifications menées au domicile de Bertrand Cantat.

L'onde de choc du documentaire Netflix et le dossier médical "oublié"

Le véritable déclencheur de ce rebondissement judiciaire reste la diffusion du documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat. Ce film a mis en lumière le récit d'un témoin inattendu : un ancien intérimaire hospitalier tombé sur le dossier de la victime par hasard en cherchant les archives d'un autre patient. Ce soignant anonyme affirme avoir lu un rapport des urgences de Bordeaux décrivant de graves blessures. Le document attesterait d'"un décollement du cuir chevelu et des bleus et des hématomes", selon les propos rapportés par Le Nouveau Détective, laissant penser qu'elle aurait été violemment tirée par les cheveux.

Vous avez aimé cet article ?

Une justice sous pression et une famille divisée

Face à la multiplication de ces témoignages, le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a justifié la reprise des investigations par l'apparition de "plusieurs affirmations et témoignages ne figurant pas" dans les anciennes procédures. Paradoxalement, les proches de la défunte rejettent cette initiative. Par l'intermédiaire de Me Tibor-Louis Leh, les parents de Krisztina Rády ont dénoncé un acharnement, réclamant "l'apaisement" selon une dépêche de l'AFP reprise par Libération. De son côté, l'avocate Yael Mellul continue de plaider la thèse du suicide forcé, persuadée que les agressions physiques et psychologiques ont dicté le drame.

Google News Voir les commentaires