Procès pour viols : 18 ans de réclusion requis contre Tariq Ramadan

Publié par Sarah Martin
le 24/03/2026
18 ans de prison ferme requis à l’encontre de l’islamologue Tariq Ramadan jugé pour viols
abacapress
Apaydin Alain/ABACA
Ce mardi 24 mars, l’avocat général a requis l’émission d’un mandat d’arrêt contre l’islamologue hospitalisé en Suisse, accusé de viols sur trois femmes.

L'affaire marque un tournant judiciaire inédit. Alors que l'accusé brille par son absence depuis le début des audiences, les débats se sont accélérés devant la cour criminelle départementale de Paris. 

Une sévérité exceptionnelle face à un accusé absent

Le ministère public a frappé fort en réclamant 18 ans de prison ferme contre l'islamologue, Tariq Ramadan, une peine qui frôle le maximum encouru de 20 ans. Selon L'Observateur, cette demande s'accompagne d'une interdiction définitive de séjourner sur le territoire français une fois la peine purgée. 

Pour pallier l'absence de l'accusé, l'avocat général a exigé un mandat d'arrêt assorti d'une "exécution et diffusion immédiate", rapporte la RTS. Cette mesure coercitive vise à forcer la comparution de l'intellectuel genevois. Ce mandat d'arrêt international complique la donne juridique, puisque l'accusé réside actuellement en Suisse. L'audience se déroule dans des conditions très particulières. 

La cour juge Tariq Ramadan par défaut, une procédure spécifique lorsque l'accusé refuse de se présenter. De plus, les débats ont lieu à huis clos, une protection accordée à la demande de l'une des parties civiles pour préserver son intimité face à la brutalité des faits examinés.

Bataille d'experts et colère de la défense

L'absence de Tariq Ramadan repose sur des arguments médicaux vivement contestés. Selon Le Figaro, la défense assure que son client est actuellement hospitalisé en psychiatrie à Genève, souffrant d'une poussée sévère de sclérose en plaques. Cette version s'oppose frontalement aux conclusions médicales officielles. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a lu un rapport rédigé par des neurologues mandatés par la justice française. 

Selon BFMTV, ces experts attestent de la "stabilité de la sclérose en plaques" et n'observent aucun signe clinique d'une dégradation récente. Face au rejet de leurs demandes de renvoi, les avocats de l'islamologue ont choisi la politique de la chaise vide. En quittant la salle d'audience, ils ont dénoncé une "parodie de justice", affirmant que les droits de la défense n'étaient plus garantis devant la cour.

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Des récits de violences extrêmes avant le verdict

Au cœur du procès résonnent les témoignages des plaignantes, décrivant des actes d'une grande brutalité. Les faits reprochés incluent notamment des violences physiques et des insultes subies par Christelle à Lyon en 2009, ainsi que le viol de Henda Ayari à Paris en 2012.

Selon BFMTV, Christelle a livré un récit effroyable à la barre : "Je hurlais au secours, je hurlais non, et plus je hurlais, et plus il cognait…". De son côté, l'accusé maintient sa ligne de défense depuis la Suisse. Il évoque des "rapports fougueux" mais strictement consentis, accusant les plaignantes de mensonges et de concertation, précise BFMTV

Le jugement final est attendu pour l'après-midi du mercredi 25 mars 2026. Pour les plaignantes, cette décision représente l'aboutissement de plusieurs années de procédures éprouvantes. 

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