« Je ne laisserai pas cette décision en l’état » : Tariq Ramadan réagit après sa condamnation
L'islamologue genevois fait face à une très lourde peine judiciaire, prononcée en son absence par la justice française. L'affaire prend une nouvelle dimension médiatique et légale alors que l'accusé promet de multiplier les recours pour obtenir gain de cause.
Un verdict de 18 ans de prison rendu par défaut
La Cour criminelle de Paris a rendu un arrêt historique ce mercredi 25 mars 2026. L'islamologue Tariq Ramadan écope de 18 ans de réclusion criminelle, une peine sévère et parfaitement alignée sur les réquisitions initiales du parquet. Cette sentence s'accompagne d'une interdiction définitive de se trouver sur le territoire français, couplée à l'émission immédiate d'un mandat d'arrêt.
Les magistrats retiennent sa pleine culpabilité pour trois viols distincts, commis à Lyon en 2009 puis à Paris en 2012 et 2016. Lors de la lecture de la décision, Corinne Goetzmann, la présidente de la Cour, a rappelé que les victimes décrivaient un individu "devenu comme fou et incontrôlable" lors des agressions, comme le rapporte Le Parisien.
Ce procès s'est tenu dans une atmosphère très particulière, marquée par l'absence totale du principal intéressé. Hospitalisé en Suisse, l'accusé n'a pas assisté aux débats. Ses avocats ont même pris la décision de quitter la salle d'audience en pleine procédure, scellant ainsi le sort d'un jugement rendu par défaut.
Déni des faits et accusations politiques
L'intellectuel suisse refuse catégoriquement d'accepter ce jugement rendu sans sa participation active. Il soutient avec force qu'il n'est pas un fugitif cherchant à échapper aux juges, mais que son état physique le cloue sur son lit de clinique. "J’ai vu six médecins différents, et tous ont dit que je ne pouvais pas assister à mon procès", assure-t-il lors d'un échange avec Le Parisien.
En plus de ses arguments médicaux, Tariq Ramadan déploie une stratégie de défense reposant sur la théorie d'une machination. Il perçoit dans cette condamnation "la volonté de me faire disparaître, et celle du pouvoir politique d’éloigner un intellectuel musulman", déclare-t-il au quotidien.
Il maintient fermement sa position d'innocence face aux trois plaintes. Son exigence principale consiste désormais à organiser une confrontation directe avec les plaignantes. "Je veux un nouveau procès, contradictoire cette fois, je veux prouver que ces femmes ont menti. Je vais me battre par tous les canaux du droit. Je ne laisserai pas cette décision en l’état", martèle l'accusé.
Les suites judiciaires vers un second procès
Les règles du Code de procédure pénale français prévoient un mécanisme très précis concernant la procédure de défaut criminel. La loi stipule qu'une condamnation prononcée en l'absence de l'accusé devient automatiquement caduque si ce dernier se présente volontairement à la justice ou subit une arrestation par les forces de l'ordre. Cette annulation de fait entraîne la tenue d'un second procès de plein droit.
Cependant, la concrétisation de ce nouveau jugement dépend grandement d'une procédure d'extradition complexe. Les problèmes de santé du théologien constituent un frein majeur pour la justice française. Ses avocats mettent en avant le diagnostic de sa sclérose en plaques et son placement actuel en unité de soins psychiatriques. La décision finale de le remettre aux autorités tricolores repose désormais entre les mains de la justice suisse.
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