Nord : un baby-sitter récidiviste mis en examen pour viols sur dix-huit de jeunes enfants
Déjà condamné en 2020 à 5 ans de prison pour une agression sexuelle sur mineur à Nice, l'homme utilisait une plateforme numérique pour approcher ses victimes. L'affaire plonge de nombreuses familles dans l'horreur absolue et la sidération.
Ce drame soulève l'épineuse question de la sécurité des modes de garde et met en lumière d'éventuelles failles béantes dans le contrôle des antécédents judiciaires des professionnels au contact avec des enfants : il avait en effet "l’interdiction d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs" pendant 5 années supplémentaires. De plus, il n'aura pas effectué la totalité de sa peine...
Une mise en examen pour des faits d'une ampleur exceptionnelle
Le parquet de Lille, révèle l'AFP, a annoncé la mise en examen de ce baby-sitter de 37 ans pour des viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans, perpétrés par une personne ayant autorité. L'enquête dévoile des chiffres effroyables. Selon les autorités judiciaires, le dossier recense 18 victimes identifiées âgées de 2 mois à 5 ans.
Cette série de crimes s’étale sur une longue période, précisément de mars 2023 à décembre 2025 (au moins 44 familles auraient fait appel à lui pendant ce laps de temps). Une source proche de l'enquête citée par Le Figaro a dévoilé que le suspect a "pour l’essentiel exercé son droit au silence, tout en niant la commission des faits."
L'individu agissait exclusivement dans le cadre de gardes à domicile réparties dans plusieurs communes du Nord. La justice a ordonné le placement immédiat en détention provisoire du suspect. Cette mesure d'incarcération permet aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations sereinement, tout en écartant le moindre risque de pression sur l'entourage ou de réitération de tels actes.
Un profil de récidiviste et les failles du système de recrutement
La présence du suspect au sein du Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS) n'a eu aucun effet restrictif sur son activité professionnelle. L'inscription à ce registre impose des obligations de déclaration d'adresse régulière, mais n'interdit pas l'accès aux plateformes privées de services à la personne si ces dernières n'exigent pas de casier judiciaire. Et elles n'ont pas l'obligation de vérifier les antécédents des demandeurs d'emploi, ne faisant que mettre en relation les différents interlocuteurs.
Le Figaro indique que "Cette vérification n’est actuellement obligatoire que pour les gestionnaires de foyers, pouponnières, crèches et depuis fin avril pour les établissements accueillant des enfants en situation de handicap." Le prédateur a ainsi contourné les systèmes de sécurité des sites de mise en relation. En exploitant la confiance naturelle accordée par les parents en recherche d'une aide ponctuelle, il déployait un mode opératoire glaçant pour s'isoler avec les bébés et jeunes enfants.
Mais il y a pire, comme nous l'apprennent nos confrères : "En mai 2025, après avoir été informée par un voisin du mis en cause qu’il exerçait une activité de baby-sitting, la justice avait renforcé son suivi socio-judiciaire en y ajoutant une interdiction totale d’entrer en contact avec des mineurs, avait précisé le parquet au moment de l’ouverture de l’enquête." La justice est la recherche d'autres potentielles victimes, l'homme était inscrit "sur un autre site sur lequel l’intéressé aurait pu être plus anciennement référencé" précise le parquet.
Protéger les enfants face aux nouveaux modes de garde
La réponse pénale s'annonce très sévère. En vertu de l'article 222-23 du Code pénal, et d'après les mots du parquet de Lille, "le suspect encourt la réclusion criminelle à perpétuité." Les autorités justifient cette peine maximale par l'extrême vulnérabilité des victimes et l'aggravation liée à sa fonction. Face au traumatisme, les familles victimes étudient divers recours juridiques à l'encontre de la plateforme. Le scandale accentue la pression sur ces entreprises de services pour imposer une vérification systématique des intervenants.
Les particuliers faisant appel à ce genre de profils sont "en droit de solliciter de l’intervenant la production d’un extrait du bulletin n°3 du casier judiciaire", qui mentionne "les condamnations les plus graves", rappelle le parquet. De plus, le quotidien revient sur l'initiative de la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry, qui avait demandé fin avril que ces derniers "puissent exiger une attestation d’honorabilité pour la garde de leurs enfants. Ce document certifie qu’une personne n’a pas de condamnation ni d’inscription au Fijais l’empêchant d’exercer auprès de mineurs."
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