Incendie du siècle : trois gardes forestiers entendus pour une possible négligence criminelle !

Publié par Matthieu Chauvin
le 03/06/2026
Feu de fôret
Istock
Photo d'illustration
Près d'un an après le méga-feu de Ribaute dans l'Aude, trois agents de l'ONF ont été placés en garde à vue ce 3 juin 2026, soupçonnés d'avoir provoqué le brasier mortel en jetant un mégot.

Le désastre avait traumatisé toute l'Occitanie en août 2025. Alors que le massif des Corbières porte encore les profondes cicatrices de cet incendie dévastateur, les investigations menées par la gendarmerie viennent de prendre une direction inattendue. Les soupçons se concentrent désormais sur ceux-là mêmes qui arpentaient le terrain pour veiller sur la sécurité de ce joyau naturel.

Trois agents de l'ONF entendus après dix mois d'enquête

Ce mercredi matin, les enquêteurs ont procédé au placement en garde à vue de trois agents assermentés de l'Office national des forêts (ONF), révèle France 3 Occitanie. Ces auditions se déroulent dans les locaux de la gendarmerie de l'Aude. Les forces de l'ordre soupçonnent ces patrouilleurs d'avoir déclenché le sinistre par une grave imprudence lors de leur service. 

Le scénario étudié pointe le jet d'une cigarette mal éteinte depuis leur véhicule de fonction. Les faits remonteraient à août 2025, alors que ces professionnels effectuaient une ronde de prévention en pleine période de sécheresse extrême. À ce moment précis, les autorités préfectorales avaient placé le département en niveau d'alerte rouge incendie. "Je n’arrive pas à y croire. Connaissant le sérieux de leur formation et le professionnalisme de ces agents de l'ONF, j’ai du mal à y croire" a déclaré Alain Coste, maire de la commune en 2025.

Il aura fallu près d'une année d'investigations poussées pour en arriver à ces interpellations. Selon les informations dévoilées par France 3 Occitanie, les militaires ont exploité de nouveaux témoignages recueillis auprès des riverains du secteur. Ils ont également analysé en détail les images fournies par les caméras de protection incendie. Ces éléments probants ont permis de "remettre en cause le lieu exact du départ de feu en bordure de route", indique le média local. "Il s'agirait d'un foyer secondaire qui se serait embrasé par contact de flammes" indiquent nos confrères. Les gendarmes privilégient donc avec force "l'hypothèse d'un jet de mégot depuis un véhicule de patrouille" mais cela reste une "hypothèse de travail."

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Un bilan accablant et des sanctions pénales redoutées

Les conséquences de ce méga-feu de Ribaute marquent encore les esprits. En l'espace de quelques jours, le brasier avait englouti 17 000 hectares de végétation sèche. Les dégâts environnementaux s'avèrent considérables pour la fragile biodiversité des Corbières, détruisant des écosystèmes entiers. Sur le plan humain, le drame a pris une tournure tragique avec le décès d'une femme de 67 ans survenu en plein chaos lors des opérations d'évacuation d'urgence de l'été 2025. Cette mort brutale a d'ailleurs obligé le parquet à requalifier la procédure initiale en enquête pour homicide involontaire.

L'ONF, qui n'a pas été mis en cause en tant qu'organisme, a précisé dans un communiqué que les trois agents étaient entendus à "titre personnel." Par ailleurs, "L'ONF n'étant pas mis en cause, nous n'avons pas accès au dossier et nous n'avons donc absolument pas connaissance des motifs ayant conduit le procureur à décider d'une telle mesure, ni des faits susceptibles d'être reprochés à nos agents" indique-t-til.

L'implication supposée de ces fonctionnaires met en lumière une ironie des plus tragiques, bien qu'ils soient présumés innocents. Ces agents de l'État détenaient l'obligation stricte de protéger le milieu naturel contre les flammes. Ce paradoxe entre leur mission de sauvegarde et cet acte de négligence présumé risque d'engager directement la responsabilité de l'administration publique. Les nombreux propriétaires fonciers ruinés par le passage du feu attendent désormais des indemnisations à la hauteur de ce préjudice.

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