Enfant tué à Nîmes : le suspect de 17 ans reconnait les faits

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 20/02/2026
mineure prison
Istock
Le principal suspect du drame de Nîmes, un mineur de 17 ans, a reconnu ce jeudi soir avoir percuté mortellement le jeune Salaheddine avant de prendre la fuite.

L'émotion est immense dans le quartier Pissevin depuis le décès tragique de l'écolier de 8 ans, survenu mardi matin. Alors que l'enquête s'accélère, les zones d'ombre se dissipent autour de l'identité du conducteur. Les autorités judiciaires confirment désormais la responsabilité du jeune homme interpellé peu après les faits.

Les aveux du suspect : le dénouement d'une traque de 48 heures

L'enquête a connu une avancée majeure jeudi soir. Après deux jours de garde à vue, le jeune homme de 17 ans a fini par briser le silence. Selon un communiqué du Parquet diffusé le 19 février 2026, il a admis devant la procureure de Nîmes, Cécile Gensac, être le conducteur responsable de l'accident.

Ce drame s'est noué mardi 17 février, à l'heure de l'entrée en classe. Vers 8h20, avenue des Arts, une Audi de location a surgi à vive allure. D'après les éléments rapportés par La Gazette de Nîmes, le véhicule a grillé un feu rouge et doublé une voiture par la gauche avant de faucher l'enfant sur un passage piéton et de prendre la fuite.

L'interpellation du suspect s'est déroulée quelques heures plus tard au domicile de ses parents. Le profil du mis en cause interroge : déjà connu des services de police pour trafic de stupéfiants, il se trouvait sous contrôle judiciaire depuis janvier 2026.

Décryptage juridique : qu'est-ce que l'« homicide routier aggravé » ?

La justice a ouvert une information judiciaire pour "homicide routier aggravé". Cette qualification pénale spécifique découle de la loi du 9 juillet 2025 (n° 2025-622), venue remplacer l'ancienne notion d'homicide involontaire au volant, jugée inadaptée par les associations de victimes.

Le dossier accable le conducteur avec un cumul de facteurs. Selon Objectif Gard, les enquêteurs retiennent la conduite sans permis, la vitesse excessive, le non-respect de la signalisation (feu rouge) et le délit de fuite. La procureure Cécile Gensac précise que le véhicule "percutait très violemment l'enfant" après une manœuvre dangereuse.

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Théoriquement, un homicide routier avec plusieurs circonstances aggravantes expose à 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende selon le Code Pénal. Toutefois, l'âge du suspect (17 ans) impose l'application de l'excuse de minorité. Son placement immédiat en détention provisoire marque néanmoins la sévérité de la réponse judiciaire face à la gravité des faits.

Un quartier au bord de la rupture : entre deuil et sentiment d'abandon

Pour les habitants de Pissevin, la douleur se mêle à la colère. Ce drame réveille le traumatisme causé par la mort du petit Fayed, 10 ans, victime d'une balle perdue en août 2023. Le quartier reste étouffé par l'emprise du narcotrafic qui, selon L'Essentiel de l'Éco, génère jusqu'à 40 000 euros de chiffre d'affaires quotidien sur certains points de deal.

La Préfecture du Gard a réagi rapidement en annonçant le déploiement de renforts de CRS pour sécuriser la zone. Une cellule de soutien psychologique a également été activée au sein de l'école Paul-Langevin pour accompagner les élèves et les enseignants sous le choc.

Ce nouvel événement tragique cristallise l'exaspération des riverains. Les familles dénoncent une insécurité globale, à la fois routière et criminelle, qui pèse lourdement sur leur quotidien et transforme de simples trajets scolaires en parcours à risque.

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