Affaire Jubillar : "c’est un plaisir pour lui de voir souffrir les autres", analyse une psychologue
Ce lundi 6 juillet 2026, le dossier lié à la disparition de Delphine Jubillar connaît un rebondissement spectaculaire. Alors que l'accusé maintenait un déni total depuis la nuit fatidique, un simple document manuscrit vient ébranler l'ensemble de l'accusation et de la défense. Mais quelles sont vraiment les motivations de Cédric Jubillar, six ans après le drame ? Johanna Rozemblum, psychologue, nous livre son analyse.
Des aveux écrits après six années de déni absolu
Dans ces pages manuscrites, adressées directement aux avocats de la défense, Cédric Jubillar reconnaît pour la toute première fois avoir tué son épouse. Le crime remonterait très précisément à la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Depuis sa mise en examen intervenue en juin 2021, l'artisan peintre n'avait jamais varié dans ses déclarations face aux enquêteurs. Il clamait son innocence absolue, y compris lors de son procès en première instance. À l'issue de ce procès sous haute tension tenu en octobre 2025, la cour d'assises l'avait reconnu coupable, prononçant une lourde peine de 30 ans de réclusion criminelle. Cette sanction venait couronner un faisceau d'indices graves et concordants, alors que le corps de la mère de famille n'a jamais été retrouvé jusqu'ici. Un silence qui empêche les proches de l'infirmière de faire leur deuil.
"C’est enlever une deuxième fois la volonté à Delphine d’exister"
"Ne pas révéler où se trouve le corps, c'est priver la famille de Delphine et ses enfants de la possibilité de se recueillir, c’est les priver de sépulture", analyse la psychologue. "C’est priver les proches de cette forme de recueillement. C’est enlever une deuxième fois la volonté à Delphine d’exister", confie-t-elle.
La temporalité de cette soudaine confession soulève immédiatement de fortes suspicions. "Vu la personnalité de ces hommes prédateurs qui passent à l’acte quand les femmes veulent se séparer et/ou se libérer de leur emprise, il y a peu de chances pour qu’il le fasse uniquement pour soulager sa conscience", analyse Johanna Rozemblum.
Des aveux orchestrés
"En effet, lorsqu’on est accusé, acculé, qu’il y a une peine prononcée, le temps c’est tout ce qu’il nous reste. Ces aveux-là, à deux mois de son procès en appel, il y a quelque chose de calculé pour que ça joue en sa faveur", indique-t-elle.
En faisant ses aveux à ce moment précis, Cédric Jubillar souhaite alléger sa peine en appel, analyse la psychologue. "Ce qu'il se dit c’est : je connais la vérité et je vous prive de ces informations".
"C’est de la perversion, car c'est un plaisir pour lui de voir souffrir les autres"
"Face à l'évidence, ces personnalités se murent dans le silence, car il ne leur reste plus que cela. Elles s'en saisissent et deviennent les maîtres des horloges. C’est eux qui décident quand et comment ils vont en parler. C’est leur ultime pouvoir, même en prison", souligne la psychologue. "Cédric Jubillar choisit de tout révéler au compte-gouttes, car c’est lui le patron. C’est de la perversion, car c'est un plaisir pour lui de voir souffrir les autres", conclut-elle.
La justice scrute attentivement l'intérêt de cet aveu pour le condamné. En évitant de se présenter devant les assises en septembre 2026, l'accusé fuit une audience redoutée où il encourt la prison à perpétuité. La technique du goutte-à-goutte informationnel lui garantit presque à coup sûr la réouverture de l'instruction par les magistrats compétents.
Voir les commentaires