Affaire Adèle Haenel : son agresseur, le réalisateur Christophe Ruggia, condamné à 5 ans de prison
Cette décision judiciaire clôture de longs mois de procédures entamées à la suite des révélations de l'ex-comédienne. Depuis les premières accusations, le cinéaste a systématiquement nié les faits, instaurant un bras de fer éprouvant dans les prétoires.
Un verdict alourdi pour Christophe Ruggia
Le 17 avril 2026, la justice a tranché en condamnant Christophe Ruggia, âgé de 61 ans, à cinq ans de prison, dont deux ans ferme à purger sous le régime de la surveillance électronique. Cette sentence se révèle plus sévère que le jugement de première instance prononcé en février 2025, qui s'élevait à quatre ans de prison dont deux ferme. Pour justifier cette décision, le président de la cour a souligné, selon l'AFP : "Les faits sont graves parce que Monsieur Ruggia n'a pu se contenir face à cette jeune fille dont la sensualité l'attirait."
Le calvaire d'une enfant : de l'emprise aux agressions
Les actes reconnus par les magistrats s'étalent de 2001 à 2004, lors de rendez-vous hebdomadaires au domicile parisien du réalisateur. Adèle Haenel, âgée de 12 à 14 ans au moment des faits, venait d'être dirigée par cet homme de 24 ans son aîné dans le film Les Diables. Face au déni constant du cinéaste, la justice a retenu la notion d'emprise. Le verdict de la cour d'appel précise ainsi qu'il n'agissait pas comme un "prédateur pédophile en chasse", mais s'est retrouvé pris dans une relation avec une enfant incapable de se défendre.
La confrontation au tribunal : le cri de colère d'Adèle Haenel
L'audience en appel a été marquée par de vives tensions, exacerbées par la ligne de défense de l'accusé. Se posant en victime du mouvement féministe, Christophe Ruggia a déclaré devant la cour : "Il fallait un Me Too en France, et manque de bol, ça tombe sur moi." Ses dénégations, affirmant que s'il avait commis ces actes, il "n'aurait jamais pu se regarder dans la glace" selon La Provence, ont poussé l'actrice à hurler "Mais ferme ta gueule" en plein tribunal, rapporte la Charente Libre. À la barre, elle a exprimé un traumatisme persistant : "Ça me fout la honte d'être marquée à ce point. J'aimerais juste pouvoir dire que ça n'existe pas."
L'épilogue d'un combat qui a transformé le cinéma
Débutée en 2019 par une enquête de Mediapart, cette affaire a agi comme le déclencheur du mouvement MeToo en France. Désormais éloignée des plateaux de tournage au profit du théâtre, Adèle Haenel perçoit ce jugement comme une reconnaissance officielle. À la sortie de l'audience, elle a affirmé à la presse sa volonté de poursuivre son engagement : "En ce qui me concerne, toute ma vie sera dédiée à la justice et à l'avancée des droits humains. [...] C'est vraiment à tous ces enfants et toutes ces femmes que je pense."
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