Alors que la majorité s'est pris une claque dimanche soir à l'issue du premier tour des élections municipales, François Hollande est resté silencieux. Laissant son Premier ministre appeler à la mobilisation contre le Front National, le président attendrait les résultats du second tour pour s'exprimer.
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Les élections municipales marquent la première consultation nationale depuis la victoire de François Hollande. Et à l’issue du premier tour, les résultats ont été unanimes : nombre de Français ont voulu sanctionner le président le plus impopulaire de la Ve République. En effet, en plus d’un taux d’abstention record (38,6%), la droite s’est largement imposée (48%) et le Front National a opéré une véritable poussée dans plusieurs villes de France (7%). Face à ce véritable désaveu de son action et de celle du gouvernement, François Hollande a préféré rester retranché à l’Elysée. Là, entouré de quelques conseillers, il aurait zappé d’une chaîne à l’autre depuis son bureau du Palais, indique Le Parisien. Aucune allocution, aucun communiqué, le chef de l’Etat n’a rien dit publiquement dimanche soir. Il aurait en revanche appelé Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault à maintes reprises pour caler l’intervention de ce dernier à Matignon.

Hollande charge Ayrault de donner une intervention publiqueEt c’est ainsi Jean-Marc Ayrault qui s’est chargé de remobiliser les troupes de gauche pour le second tour et d’appeler à une vaste "mobilisation" pour faire barrage au Front National. "François Hollande espère que le deuxième tour verra le retour aux urnes des abstentionnistes de gauche", souffle-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat, rapporte RTL. "Limiter la casse permettrait de calme ceux, y compris parmi les socialistes, qui veulent un remaniement ainsi qu’un changement de ligne politique", croit également savoir la première radio de France.

Les ténors du PS se chargent de rassembler les électeurs"Il n'a pas voulu entendre. Il croyait passer entre les gouttes. Ça s'appelle une déculottée !", a par ailleurs vivement regretté un conseiller ministériel cité par le quotidien, tandis qu’un autre a lâché : "Il aurait dû changer le gouvernement à la fin de l'année". En attendant un éventuel remaniement, la gauche se met en ordre de bataille pour tenter de reprendre le dessus au second tour. Et si François Hollande préfère attendre le 30 mars pour s’exprimer, il peut toutefois compter sur les ténors du parti pour battre le fer. Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, a ainsi affirmé lundi que son parti, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste avaient "décidé du rassemblement le plus large" possible pour le second tour. Il a par ailleurs annoncé le retrait des listes socialistes à Saint-Gilles (Gard) et Tarascon (Bouches-du-Rhône). De son côté, Claude Bartolone, le président PS de l’Assemblée nationale, a insisté sur la nécessité de "ne pas sacrifier les maires et les équipes qui ont fait le travail au niveau local".

Vidéo sur le même thème : l'allocution de Jean-Marc Ayrault dimanche soir

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