Au lendemain du premier tour des Municipales, la France se réveille avec 229 villes qui devront compter avec un candidat FN (ou RBM) au deuxième tour. Cinq éléments à retenir suite à cette percée sans précédent.
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 © AFPLa percée du FN, bien que pressentie par certaines estimations, a pris de court hier nombre d’observateurs qui n’ont su présager l’ampleur de son succès. Les débats autour de cette nouvelle place occupée par le camp frontiste n’en finissent plus et la classe politique, plus particulièrement la majorité, reste abasourdie par cette giffle. Marseille, Hénin Beaumont, Perpignan, Avignon, Béziers… La liste des villes symboles dans lesquelles le FN a effectué une percée considérable est sans précédents. Comment lire cette progression ? La réponse en 5 points.

  • Les villes symboles

L’un des coups de force du FN, c’est d’être parvenu à confirmer dans les municipalités où l’extrême droite était attendue (Béziers, Hénin Beaumont, Forbach, Perpignan...) mais aussi dans les grandes villes où l'importance de son score constitue une première. Ceci comme à Marseille où le succès des listes de Stéphane Ravier (23,16%) était inattendu tout comme les 12% observés à Lyon jusque-là épargnée par le vote frontiste. Ainsi, ce sont 229 villes qui devront compter avec le Front National au deuxième tour. Le parti est arrivé en tête dans dix-sept communes de plus de 10 000 habitants. Enfin le succès de Steeve Briois à Hénin Beaumont entérine cette dimension symbolique.

  • Surexposition médiatique

Cette énorme surprise occupe tout le champ médiatique depuis hier. Sur les plateaux télévisés, socialistes et membres de l’opposition s’écharpent sur la posture que chacun doit adopter en cas de second tour face à un candidat frontiste pendant que les têtes d’affiches marinistes savourent leur succès. Dans la presse, cette poussée s’affiche désormais sur les unes des différents quotidiens et les analyses de décryptage ou autres éditoriaux pleuvent. Résultat, la victoire de l’UMP est largement éclipsée au profit du succès du FN.  

  • Le "ni-ni" ou l'absence de font républicain

Jean-François le répète à l’envi, il n’appelle pas à voter pour le Parti Socialiste en cas de duel PS-FN au second tour préférant inviter les électeurs FN à se tourner vers l'UMP. Cette stratégie dite du "ni-ni" montre la nouvelle place occupée par le FN dans le débat politique. Cette absence de front républicain profite à Marine Le Pen qui a su déstabiliser le bipartisme. Robert Ménard, ancien journaliste et désormais candidat RBM arrivé en tête à Béziers, affirme alors "le front républicain est un fantasme des rédactions parisiennes" Le PS quant à lui continue de marteler son appel à la mobilisation envisageant même de se retirer des triangulaires en cas de risque de victoire frontiste.

  • "La conquête du pouvoir"

Florian Philippot, arrivé en tête à Forbach avec 35,75 %, avertit "la dédiabolisation est presque achevée, nous en sommes maintenant à une autre étape : à la conquête du pouvoir". Ceci est confirmé par Marine Le Pen qui défend que le vote de Front National est désormais ancré "localement". Le parti lepeniste entend donc bien établir un maillage local afin d’arriver en force lors des prochaines échéances électorales. Mais que représente ce tour de force d'un point de vue national?

  • Relativiser

Les résultats de l’extrême droite, même si leur progression est sans précédent, sont toutefois à relativiser. Premièrement l’abstention record, qui s’élève à 38,7%, est trop élevée pour établir des conclusions précises sur le sens du vote FN, outre celui de la classique "sanction" du pouvoir en place. Deuxièmement, le score national reste (très) faible. En effet, affichant un résultat global de 7% contre 48% pour l’UMP et 46% pour le PS, le parti de Marine Le Pen ne joue pas encore dans la même cour que les deux partis majoritaires.

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