Budget 2027 : taxe Zucman, smic à 1 700 euros... le PS dévoile son programme à l'Assemblée
Les députées Estelle Mercier et Sandrine Runel ont exposé à l'Assemblée nationale les grandes lignes de leur contre-projet pour les finances publiques de 2027. Face à la trajectoire de rigueur défendue par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le groupe parlementaire Socialistes et apparentés entend inverser la logique budgétaire en ciblant les très hauts patrimoines et les multinationales.
Une riposte fiscale de 39,5 milliards d'euros tournée vers les salaires et la santé
Cheffes de file respectives sur le projet de loi de finances et sur le financement de la Sécurité sociale, Estelle Mercier et Sandrine Runel ont détaillé une trajectoire opposée aux coupes gouvernementales. Leur plan repose sur 39,5 milliards d'euros de recettes inédites. Il prévoit l'instauration d'une taxe Zucman à 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros pour rapporter 15 milliards d'euros, ainsi qu'une taxation renforcée des géants du numérique à hauteur de 10 milliards d'euros.
Le dispositif cible également les successions les plus élevées. "Là où on a aboli les privilèges, on se dirige de plus en plus vers une société d'héritiers", a fustigé Estelle Mercier, selon des propos rapportés par LCP. L'élue précise que "seuls les 10% des héritiers qui reçoivent le plus seraient touchés par la nouvelle taxation", pour un gain espéré de 10 milliards d'euros, complété par 4 milliards d'euros issus de la révision des exonérations patronales.
Ce rendement financerait un soutien direct aux ménages modestes et aux services publics. Les socialistes proposent d'instaurer une CSG progressive, faisant chuter son taux de 9,2 % à 0,55 % au niveau du Smic, soit un gain net de 130 euros par mois pour approcher un salaire minimum net à 1 700 euros. La copie intègre aussi 3 milliards d'euros pour les hôpitaux et les Ehpad, 10 milliards d'euros dédiés à la transition écologique et la gratuité d'une mutuelle publique pour les 18-25 ans.
Rupture politique avec Matignon et refus strict du gel des retraites
Ce contre-budget marque l'arrêt complet de toute tentative de compromis avec le camp présidentiel. À l'approche de la fin de quinquennat, Sandrine Runel a rejeté toute entente avec Matignon : "Nous ne toperons dans la main de personne, et certainement pas dans celle du gouvernement", a prévenu la députée sur LCP. Le groupe refuse en particulier toute désindexation ou gel des pensions de retraite, une option pourtant surveillée par le gouvernement pour son plan d'économies de 30 milliards d'euros.
"On pense que l'argent est ailleurs", insiste Sandrine Runel, rappelant que le PS propose 12,1 milliards d'euros d'économies alternatives ciblées sur le fonctionnement de l'appareil d'État et le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale. Cette somme permettrait d'éviter de ponctionner le pouvoir d'achat des retraités déjà fragilisés par l'inflation.
Dans un hémicycle sans majorité absolue, ces propositions ont peu de chances d'intégrer le texte officiel du gouvernement attendu d'ici début octobre. En affichant cette rupture totale sur le plan fiscal et social, les socialistes posent les jalons politiques d'une motion de censure commune avec les autres oppositions lors de l'examen automnal.
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