Retraite de 1 500, 2 000 ou 3 000 € : combien pourriez-vous perdre avec le gel des pensions en 2027 ?

Publié par Sarah Martin
le 26/08/2026
Retraitée pauvre
Istock
Le gouvernement étudie un gel ciblé des pensions de retraite de base dès 2027, amputant la revalorisation prévue pour des millions de Français.

Le gouvernement prépare les arbitrages du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 dans un contexte budgétaire sous haute tension. Alors que l'application stricte de la formule légale promettait un coup de pouce face aux prix, les retraités les plus aisés pourraient faire les frais du redressement des comptes publics.

Le projet de Bercy cible les pensions les plus élevées

Le débat sur la désindexation des retraites revient au premier plan des discussions budgétaires. Dans un entretien accordé à Libération, le ministre de l'Économie Roland Lescure a confirmé cette piste de travail : « La question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d'être posée ». L'exécutif affirme vouloir « préserver les retraités les plus modestes » tout en freinant l'envolée des dépenses.

Une revalorisation intégrale de l'ensemble des pensions représenterait une charge publique évaluée à environ 6 milliards d'euros en 2027. En instaurant un gel ou une sous-indexation sur les revenus les plus confortables, l'État espère dégager entre 700 millions et 1,5 milliard d'euros d'économies selon le seuil d'application retenu.

Une formule légale contournée sur la seule retraite de base

Selon les règles fixées par l'article L. 161-25 du Code de la sécurité sociale, le calcul annuel suit l'évolution des prix à la consommation hors tabac constatée par l'Insee. Cette formule mathématique aboutirait normalement à une hausse automatique de 1,6 % à 1,7 % au 1er janvier 2027.

Le projet gouvernemental ne peut toutefois s'appliquer qu'aux régimes de base gérés par l'Assurance retraite, la Carsat, la MSA ou le SRE. Les pensions complémentaires Agirc-Arrco des salariés du privé relèvent exclusivement d'un accord entre partenaires sociaux programmé chaque automne. Pour la pension de base, Bercy hésite encore entre un gel pur et simple (0 % d'augmentation) et une revalorisation partielle dégressive.

Vous avez aimé cet article ?

Les simulations de pertes financières selon vos revenus

Le manque à gagner dépendra directement de votre niveau de pension globale :

Pour une pension nette de 1 500 €, un niveau très proche de la pension moyenne française chiffrée à 1 541 € par la DREES, la revalorisation devrait être sanctuarisée. L'application intégrale du taux de 1,7 % apporterait un gain d'environ 25 € par mois, sans aucune perte.

Pour une pension nette de 2 000 € (composée par exemple de 1 140 € de base et 860 € de complémentaire), le gel total du régime de base priverait l'assuré d'environ 19 € nets par mois, soit une perte de près de 230 € par an. Une hausse partielle limitée à 1 % réduirait cette perte à 11 € par mois.

Pour une pension nette de 3 000 € (scindée à parts égales entre base et complémentaire), l'absence de revalorisation de la part Sécurité sociale représenterait un manque à gagner direct d'au moins 25,50 € par mois, soit plus de 300 € par an.

Google News Voir les commentaires