Voiture électrique d’occasion : une nouvelle prime dès septembre, combien toucherez-vous ?
Le marché des voitures électriques d’occasion progresse rapidement en France. Au deuxième trimestre 2026, 72 244 transactions ont été enregistrées, soit une hausse de 42 % par rapport au trimestre précédent, selon le baromètre de Mobilians et de l’Avere-France.
Cette dynamique pourrait être renforcée par un nouveau mécanisme destiné à réduire le prix d’achat des véhicules électriques de seconde main. Mais son fonctionnement s’avère plus complexe qu’un bonus directement versé par l’État.
Une nouvelle aide CEE attendue en septembre
Le projet de fiche standardisée TRA-EQ-133 prévoit de soutenir l’achat ou la location longue durée d’une voiture particulière électrique d’occasion. Son entrée en vigueur est programmée pour le 1er septembre 2026, sous réserve de la publication et du contenu définitif de l’arrêté.
Cette aide repose sur les certificats d’économies d’énergie (CEE). Les fournisseurs d’énergie, appelés « obligés », financent des opérations permettant de réduire la consommation énergétique. Le montant versé au conducteur peut donc varier selon l’entreprise sollicitée et la valeur de marché des certificats.
Chaque véhicule éligible générerait un forfait de 42,2 MWh cumac. Sur la base d’une valorisation hypothétique de 8 euros par MWh cumac, la prime atteindrait environ 337 euros. Ce chiffre reste donc une estimation et non un montant réglementaire garanti.
Les particuliers devront comparer les offres avant de s’engager, comme pour d’autres dispositifs financés par les CEE.
Une aide renforcée pour les professionnels à domicile
Le projet prévoit une bonification temporaire pour les salariés et professionnels exerçant une activité d’aide à domicile. Sous certaines conditions, leur prime pourrait atteindre environ 2 000 euros par véhicule.
Le modèle acheté devrait alors :
- coûter au maximum 25 000 euros TTC, batterie comprise ;
- présenter une masse en ordre de marche inférieure à 1 800 kg ;
- être utilisé par un professionnel ou un service appartenant aux catégories prévues par le texte.
Cette bonification concernerait les opérations engagées avant le 1er janvier 2027 et achevées avant le 1er juillet suivant.
Une batterie présentant au moins 80 % de capacité
L’état de la batterie constitue la principale condition technique du dispositif. Le véhicule devra présenter un State of Health, ou SOH, au moins égal à 80 %.
Si cette donnée ne peut pas être extraite du système de gestion de la batterie, le projet prévoit une méthode subsidiaire fondée sur l’autonomie restante. Celle-ci devra représenter au moins 80 % de l’autonomie d’origine. Le seuil alternatif de 200 kilomètres figurait encore entre crochets dans le projet soumis à consultation : il faudra vérifier s’il est conservé dans l’arrêté définitif.
Le certificat devra notamment indiquer le numéro d’identification du véhicule, la date du diagnostic et la méthode employée. Cette vérification permettra aussi de mieux détecter les défauts susceptibles de compromettre la sécurité.
Les véhicules concernés par la prime
Pour être éligible, la voiture devra respecter plusieurs conditions :
- fonctionner exclusivement à l’électricité ;
- avoir été immatriculée pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023 ;
- être achetée ou louée auprès d’un professionnel de l’automobile habilité ;
- ne pas avoir déjà bénéficié de cette opération CEE ;
- être conservée pendant au moins 36 mois en cas d’achat ;
- faire l’objet d’une location d’au moins 36 mois en cas de LLD.
Le projet limite également le dispositif à cinq véhicules par bénéficiaire lorsqu’il s’agit d’une personne physique. La vente directe entre particuliers ne permettrait donc pas de bénéficier de cette aide.
Un marché en forte progression, mais des prix variables
Le prix moyen d’une voiture électrique d’occasion atteignait environ 24 216 euros au deuxième trimestre 2026, selon l’Observatoire La Centrale. Ce montant cache toutefois de très fortes différences selon l’âge, le kilométrage, l’autonomie et l’état de la batterie.
Une Renault Zoé d’occasion peut être proposée autour de 12 000 euros, tandis que certaines Tesla Model 3 apparaissent sous les 25 000 euros. Ces tarifs restent des prix d’annonces et non des références nationales garanties.
Avant de signer, demandez une mesure documentée de l’état de la batterie, comparez les offres CEE et vérifiez par écrit le montant réellement déduit de la facture. Une prime de 337 euros ne doit pas être considérée comme automatique tant qu’un opérateur ne l’a pas formellement proposée.
Sources externes
- Ministère de la Transition écologique – Projet TRA-EQ-133
- Mobilians – Baromètre du véhicule électrique d’occasion
- Avere-France – Baromètre du premier semestre 2026
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