Renault annonce la fin des moteurs thermiques d'ici 2030
Le constructeur au losange redessine son avenir face aux incertitudes du marché automobile européen. Selon les dernières annonces officielles, la marque revoit ses ambitions initiales de tout-électrique pour s'adapter à la réalité économique et aux attentes des conducteurs. Cette réorientation stratégique promet des bouleversements majeurs dans les concessions automobiles, modifiant en profondeur le catalogue proposé aux particuliers dès les prochaines années.
La fin du thermique pur confirmée pour 2030
Renault, révèle Le Parisien, met un terme définitif à la commercialisation des véhicules 100 % essence et diesel sans assistance électrique sur le marché européen d'ici 2030. Le plan "futuREady" pour la période 2026-2030 délaisse l'objectif initial d'une gamme entièrement alimentée par batterie, au vu des résultat décevant de certains concurrents comme Stellantis sur ce secteur. Le constructeur privilégie désormais un mix énergétique s'appuyant massivement sur la technologie hybride E-Tech.
"Notre plan futuREady est la réponse pragmatique aux réalités du marché : nous serons 100 % électrifiés en Europe en 2030, en offrant le meilleur de l'électrique et de l'hybride", justifie Fançois Provost, directeur général de Renault Group, dans un récent communiqué de presse. Pour soutenir cette vision, la firme prévoit une offensive produit sans précédent avec la présentation de 36 nouveaux modèles (Renault, Alpine et Dacia) d'ici la fin de la décennie. Sur ce volume total, environ la moitié conservera une variante hybride, couvrant ainsi les segments des citadines comme des familiales.
Un réalisme industriel face aux limites du tout-électrique
Cette adaptation de trajectoire s'explique par un net ralentissement de la croissance des ventes électriques en Europe. Les prix élevés à l'achat et les zones d'ombre concernant les infrastructures de recharge publiques continuent de freiner les automobilistes. Pour relever ce défi, la marque s'appuie sur une séparation claire de ses activités industrielles.
L'entité nommée "Ampere" gère exclusivement le développement des modèles à batterie et des logiciels embarqués. En parallèle, la branche "Horse" conçoit les motorisations hybrides et thermiques à haute efficacité. Afin d'équilibrer ses comptes, l'entreprise déploie une stratégie mondiale agressive. Elle s'étend en Amérique latine, en Inde et en Corée du Sud, proposant des moteurs thermiques spécifiquement adaptés aux réglementations locales pour garantir la rentabilité globale du groupe automobile.
L'hybride comme nouveau standard pour les familles
Pour le particulier, ce changement de cap signifie la disparition imminente du choix traditionnel en concession. Bien que le règlement européen fixe l'interdiction de vente des voitures thermiques neuves à 2035, Renault anticipe cette échéance de cinq ans pour ses modèles exclusivement fossiles. Cette situation suscite des interrogations légitimes sur la valeur de revente future des véhicules diesel ou essence actuels.
La technologie hybride devient alors la solution privilégiée pour les longs trajets : le groupe annonce d'ailleurs la production de "modèles avec prolongateur d’autonomie (un petit moteur thermique qui recharge la batterie), qui permet selon le groupe d’atteindre jusqu’à 1 400 km d’autonomie" selon nos confrères. L'hybride offre une grande polyvalence sans imposer des arrêts prolongés aux bornes de recharge. Ces motorisations mixtes permettent également d'anticiper le durcissement des Zones à Faibles Émissions (ZFE) dans les métropoles urbaines s'il est appliqué.
De nombreux acheteurs s'interrogent d'ailleurs sur la nécessité d'acquérir un modèle sur prise dès maintenant ou de patienter jusqu'à l'arrivée de la nouvelle génération de batteries prévue pour 2027-2028. Les chiffres valident toutefois l'engouement pour la transition douce : selon la Plateforme Automobile (PFA), la part de marché des véhicules hybrides a surpassé celle du diesel en France. Le grand défi de Renault reste l'accessibilité financière. La marque espère démocratiser l'électrique avec le lancement attendu des nouvelles R5 et R4, tout en serrant la tarification de sa gamme hybride. Cette maîtrise des coûts s'avère indispensable pour contrer la montée en puissance de la concurrence asiatique sur le continent européen.