Alerte au cadmium : 80 % des pâtes du commerce contaminées selon 60 Millions de Consommateurs

Publié par Matthieu Chauvin
le 27/08/2026
Pâtes
Istock
Une enquête de l'association 60 Millions de Consommateurs révèle la présence de cadmium, un métal lourd toxique et cancérigène, dans près de 80 % des pâtes vendues en grande surface.

Les pâtes figurent parmi les aliments préférés des Français, mais leur composition suscite de vives inquiétudes sanitaires. Le magazine de défense des consommateurs a passé au crible des dizaines de références vendues en rayon pour évaluer leur teneur en polluants. Les résultats dévoilent une contamination quasi généralisée par ce composé toxique présent dans les sols agricoles.

Une contamination quasi systématique sur les paquets testés

L'analyse publiée dans le numéro de septembre du magazine de l'association porte sur un échantillon de 36 références de pâtes alimentaires (18 sortes de spaghetti et 18 sorts de penne). Les experts ont testé des variétés de blé dur conventionnel, des produits bio, des versions complètes ainsi que des déclinaisons sans gluten. Le constat s'avère sans appel : huit paquets sur dix présentent des résidus mesurables de cadmium.

Sur le plan légal, aucun des produits analysés ne dépasse la limite maximale fixée par l'Union européenne à 0,18 mg/kg pour le blé. Pourtant, cette conformité réglementaire masque un problème sanitaire de fond. Les associations de consommateurs et les toxicologues s'inquiètent de la fréquence élevée de cette exposition répétée au sein d'un aliment de base consommé plusieurs fois par semaine.

L'enquête, citée par Le Parisien, révèle que "seuls deux paquets en sont exempts, les pennes sans gluten de Marque Repère (Leclerc), et ceux de chez U. Les pennes complètes de la marque Delverde n’en contiennent que 0,009 mg/kg, tandis que celles au blé complet de Barilla présentent un taux de 0,066 mg/kg. Pour les spaghettis de la marque italienne, c’est 0,071 mg/kg. Mais les spaghettis sans gluten en contiennent très peu."

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Un poison silencieux issu des sols et stocké par l'organisme

La présence de cette substance dans les champs découle d'une pollution environnementale durable. Le cadmium pénètre dans les cultures céréalières en raison de l'usage historique d'engrais minéraux phosphatés et des rejets industriels accumulés dans la terre. La plante absorbe ce métal lourd lors de sa croissance, le transférant directement dans le grain de blé dur.

Classé comme cancérigène avéré, le cadmium présente la particularité de s'accumuler dans le corps humain pendant plusieurs décennies. Une fois ingéré, il surcharge principalement la fonction rénale et fragilise la structure osseuse. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) souligne que près de la moitié des adultes français dépassent les seuils d'exposition tolérables. Les produits céréaliers constituent l'une des premières portes d'entrée de ce contaminant dans l'alimentation quotidienne.

Les gestes simples pour limiter l'exposition au cadmium

Face à ce risque d'accumulation, plusieurs réflexes permettent de réduire la charge toxique dans l'assiette. Lors des achats, les produits certifiés biologiques ou issus de filières spécifiques affichent des concentrations réduites, notamment grâce à l'absence d'engrais chimiques de synthèse.

L'Anses préconise également de varier les apports en féculents en invitant à "introduire davantage de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes." Les lentilles, pois chiches et haricots secs présentent une accumulation jusqu'à dix fois inférieure à celle des céréales conventionnelles.

En cuisine, faire bouillir les pâtes dans un grand volume d'eau puis bien les égoutter permet d'évacuer une fraction des résidus solubles. Enfin, un apport nutritionnel suffisant en fer et en calcium freine l'absorption intestinale des métaux lourds.

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