Affaire Samuel Paty : assigné à domicile, un complice sous OQTF arrêté au Parc Astérix !
La justice a tranché sans délai face à un manquement caractérisé. Alors qu'il faisait l'objet d'une assignation administrative stricte dans l'attente de son expulsion, un jeune homme impliqué dans l'assassinat de Samuel Paty a été surpris par les forces de l'ordre loin de sa zone autorisée. Cette arrestation inattendue débouche sur une nouvelle peine de prison ferme et relance les interrogations sur le suivi des personnes condamnées pour des faits terroristes.
Une sortie au parc d'attractions et un retour immédiat en détention
Le vendredi 28 août 2026, les forces de l'ordre ont procédé à un contrôle routier inopiné sur le parking du Parc Astérix, situé sur la commune de Plailly dans l'Oise. Selon les informations rapportées par Le Parisien, les policiers ont alors identifié Azim Epsirkhanov, 25 ans, présent sur les lieux en totale infraction avec son périmètre de résidence obligatoire.
Jugé le lundi 31 août 2026 en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Senlis, l'intéressé répondait de la violation des obligations de son assignation à résidence administrative. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en prononçant une peine de un an d'emprisonnement ferme assortie d'un mandat de dépôt immédiat, complétée par une interdiction définitive du territoire français.
À la barre, le prévenu a plaidé une simple méconnaissance des limites géographiques de son département d'assignation. Cet argument a été réfuté par l'accusation, les magistrats relevant que le jeune homme avait commis au moins 8 infractions similaires en franchissant à plusieurs reprises les frontières des Hauts-de-Seine avant son interpellation dans l'Oise, comme le précise le compte-rendu du Courrier Picard.
Rôle dans l'attentat, blocages à l'expulsion et controverse sur le suivi judiciaire
Ce dossier ravive le souvenir de l'attaque du 16 octobre 2020. Azim Epsirkhanov avait été condamné par la cour d'assises spéciale pour son rôle logistique déterminant auprès du terroriste Abdoullakh Anzorov, l'ayant notamment accompagné lors de l'achat de l'arme du crime. Sa peine avait été fixée en appel à 7 ans de réclusion criminelle en mars 2026, avant qu'elle ne soit réduite en avril 2026 en raison de la détention provisoire déjà effectuée.
À sa sortie, l'État l'a placé sous assignation à résidence dans les Hauts-de-Seine avec l'obligation de pointer deux fois par jour au commissariat, selon les dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Cette mesure administrative devait encadrer ses mouvements jusqu'à la mise en œuvre de son arrêté ministériel d'expulsion vers la Fédération de Russie.
Son renvoi effectif demeure néanmoins bloqué sur le plan juridique. La défense a contesté la mesure devant le juge administratif en invoquant l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui prohibe les peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Cette situation administrative et cette escapade dans un parc de loisirs suscitent de vives réactions politiques sur l'efficacité des mécanismes de contrôle des individus condamnés pour terrorisme.
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