20 septembre : le jour où Johnny Hallyday mit le feu à l’Olympia… et où des raisins verts sauvèrent la Révolution

Façade de l'Olympia en couleur, le reste en noir et blanc.
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En ce 20 septembre, jour de la Saint Davy, alors que Paris découvrait jadis l'angoisse terrifiante d'un siège impitoyable, cette même date vit des décennies plus tard éclore le glamour du cinéma mondial et déferler la fureur du rock'n'roll. Mais sous les éclats de la gloire militaire et des urnes sous haute tension, se cache aussi le destin d'une armée d'invasion terrassée par les fruits acides d'un vignoble précoce.

20 septembre 1792 : Quand des raisins trop verts ont sauvé la Révolution française

En plein cœur des plaines champenoises, l'atmosphère est lourde de fange et d'angoisse. Les troupes prussiennes du duc de Brunswick, réputées invincibles et rompues à la discipline de fer, marchent vers Paris avec la ferme intention d'écraser l'insolente République naissante. En face, les volontaires français réunis sous les ordres de Kellermann et Dumouriez, inexpérimentés et mal équipés, semblent voués au massacre. Pourtant, sous les moulins de Valmy, le vacarme des canons s'éteint étrangement sans véritable assaut d'infanterie, laissant place à une retraite prussienne aussi soudaine qu'inexpliquée dans les manuels de tactique conventionnelle.

Le véritable secret de ce miracle patriotique ne réside pas uniquement dans le cri de ralliement "Vive la Nation "», mais plutôt dans les entrailles torturées des soldats coalisés. Épuisées par des semaines de marche sous une pluie diluvienne et privées de ravitaillement, les troupes de Brunswick s'étaient avidement jetées sur les grappes de raisin encore vertes et acides des coteaux environnants. Le verdict médical ne tarde pas : une épidémie fulgurante de dysenterie, baptisée familièrement le "flux champenois" ou la "courante", cloue au sol des milliers de grenadiers, réduisant l'élan d'une armée redoutable à un calvaire intestinal ingérable.

Dans les rues de Paris, la délivrance est accueillie par des chansonnettes moqueuses célébrant ces fruits vengeurs qui "donnent la foire quand on les mange sans pain." Cet épisode burlesque n'en demeure pas moins décisif : en désorganisant le fer de lance de la coalition, ces grappes immatures ont sauvé la Révolution in extremis et permis, dès le lendemain, la proclamation officielle de la Première République.

20 septembre 1854 : Le baptême du feu impérial à la bataille de l’Alma

Illustration historique de la bataille de l'Alma en Crimée.
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Sur les rives escarpées du fleuve Alma, en Crimée, la fumée âcre des fusils déchire l'air marin. Pour la première fois depuis la chute de Napoléon Ier, soldats français et britanniques combattent au coude-à-coude, unis sous les ordres du maréchal de Saint-Arnaud et de Lord Raglan pour freiner les ambitions expansionnistes du tsar Nicolas Ier. Face aux redoutes russes juchées sur des hauteurs en apparence inexpugnables, les régiments de Zouaves français mènent une charge héroïque à flanc de falaise sous une pluie de mitraille, fracturant les lignes ennemies au terme d'un corps-à-corps acharné. Cette victoire retentissante marque le grand retour militaire de la France sur l'échiquier européen sous l'égide du Second Empire.

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À Paris, l'enthousiasme populaire est tel que Napoléon III décide de graver ce triomphe dans la pierre de la capitale en inaugurant le pont de l'Alma en 1856. Pour orner l'ouvrage, le sculpteur Georges Diebolt façonne un monumental Zouave de calcaire, chéchia fièrement vissée sur le front et regard impassible. Malgré les transformations urbaines et la reconstruction du pont plus d'un siècle plus tard, cette sentinelle de pierre a déserté sa fonction belliqueuse pour devenir le baromètre affectif et populaire des crues de la Seine, scruté par tous les Parisiens dès que les flots montent le long de ses guêtres.

Pourtant, cette gloire militaire éclatante sous les lauriers impériaux allait, seize années plus tard, se fracasser brutalement sur une tout autre réalité guerrière.

20 septembre 1870 : Paris pris au piège, le début d’un calvaire de quatre mois

Soldats de la Garde nationale veillant sur les remparts de Paris en 1870.
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Le ciel de la fin d'été s'assombrit brutalement d'une angoisse sourde sur la Ville Lumière. Trois semaines après le désastre de Sedan et la capture de Napoléon III, les avant-gardes prussiennes et leurs alliés achèvent le bouclage méthodique des abords de Paris ce 20 septembre 1870. En quelques heures fatidiques, les voies de chemin de fer sont sabotées, les liaisons télégraphiques tranchées et les lourdes portes fortifiées barricadées : plus de deux millions d'habitants se retrouvent brusquement emmurés vivants et coupés du reste de la planète.

Ce blocus implacable inaugure une épreuve d'une dureté inhumaine qui s'étirera sur plus de cent trente jours, au cœur d'un hiver sibérien. Pour résister aux bombardements et tromper la famine rampante, les Parisiens en viennent à chasser les rats dans les égouts et à sacrifier les animaux exotiques du Jardin des Plantes pour garnir les étals de boucheries de fortune. Les nouvelles du pays ne filtrent plus qu'à travers d'audacieux ballons montés et des pigeons voyageurs, symboles d'une résistance acharnée menée sous l'autorité d'un gouvernement de la Défense nationale acculé.

Cette humiliation collective et le ressentiment accumulé contre l'armistice mèneront quelques mois plus tard aux braises incandescentes de la Commune de Paris. Mais au lendemain des déchirements sanglants du siècle suivant, la France choisira d'exorciser ses plaies par un tout autre biais : celui de l'art et de l'éclat international.

20 septembre 1946 : La renaissance du Festival de Cannes sous le signe de la paix

Festivaliers sur le tapis rouge du Casino municipal de Cannes en 1946.
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Sur la Croisette balayée par la brise marine, les blessures béantes de la Seconde Guerre mondiale s'effacent pour laisser place à une parenthèse enchantée. Ce 20 septembre 1946, le Casino municipal de Cannes déroule ses premiers tapis rouges pour inaugurer officiellement son festival international du film. Pensée dès 1939 par Jean Zay et Philippe Erlanger afin de riposter à la Mostra de Venise, confisquée par les régimes fasciste et nazi, la manifestation avait été brisée net le jour même de son ouverture programmée en raison de l'invasion de la Pologne par les blindés d'Hitler.

Sept ans après ce rendez-vous manqué, la résurrection cannoise se pare des couleurs de la concorde et de la reconstruction humaniste. Dans une atmosphère chaleureuse et encore artisanale, les délégations internationales se retrouvent sans animosité pour célébrer des chefs-d'œuvre venus d'horizons variés, couronnant aussi bien La Symphonie pastorale de Jean Delannoy que le néoréalisme bouleversant de Roberto Rossellini avec Rome, ville ouverte. Les restrictions d'après-guerre et les coupures d'électricité intermittentes n'entament en rien la ferveur d'un public affamé d'évasion et de récits universels.

Ce coup d'envoi fondateur pose les jalons du plus grand rassemblement cinématographique de la planète, véritable temple cinéphile dont les marches continuent d'aimanter les projecteurs du monde entier. Mais quelques années plus tard, c'est une toute autre onde de choc, musicale et générationnelle, qui allait secouer la capitale française.

20 septembre 1961 : L'ouragan Johnny Hallyday embrase l'Olympia

Le boulevard des Capucines tremble sous les pas d'une marée humaine de jeunes gens électrisés. À tout juste dix-huit ans, Johnny Hallyday grimpe pour la première fois en tête d'affiche sur les planches sacrées de l'Olympia pour une série marathon de trente représentations. Coïncidence parfaite, son 45-tours Viens danser le twist est distribué chez les disquaires le jour même. Lorsque les premiers accords résonnent, le jeune chanteur se jette à genoux, roule sur scène et libère une rage vocale animale, dynamitant d'un coup de rein le cadre feutré de la variété française d'antan.

Dans la mythique salle dirigée par Bruno Coquatrix, c'est la folie pure : les fauteuils de velours rouge plient sous les assauts d'une jeunesse déchaînée qui refuse de rester assise, tandis que les forces de l'ordre doivent intervenir pour canaliser les débordements aux portes du théâtre. En une soirée explosive, le phénomène "yéyé" conquiert définitivement la France et consacre Johnny en porte-drapeau d'une génération en quête d'émancipation. Cette prestation d'anthologie scelle le début d'une légende vivante avec l'Olympia, un sanctuaire où le rockeur reviendra brûler les planches 266 fois tout au long de sa carrière.

Si cette fureur scénique résonne comme une soif d'ouverture et d'affranchissement, la fin du millénaire allait sommer les Français de trancher un autre défi capital, engageant cette fois leur souveraineté politique sur le sol européen.

20 septembre 1992 : Le traité de Maastricht franchit le gouffre d’un cheveu

Une main glissant un bulletin dans une urne sous les drapeaux français et europé
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Dans un climat de tension presque palpable, des millions de citoyens convergent vers les urnes en cet automne 1992. À l'initiative du président François Mitterrand, les Français sont appelés à ratifier par référendum le traité de Maastricht, pierre angulaire de l'intégration continentale qui prévoit la création d'une citoyenneté commune et l'avènement d'une monnaie unique baptisée euro. La campagne électorale précédente a suscité des débats d'une intensité civique sans précédent, immortalisée par le duel télévisé magistral entre un chef de l'État affaibli par la maladie et un Philippe Séguin portant avec panache la voix du camp souverainiste.

À vingt heures tapantes, les visages se figent devant les écrans de télévision : le résultat bascule sur le fil du rasoir. Le "Oui" ne l'emporte que d'une infime marge avec 51,04 % des voix, contre 48,96 % pour le "Noné. Ce scrutin révèle au grand jour une déchirure sociologique et géographique inédite entre les grandes métropoles résolument tournées vers l'ouverture internationale et les territoires ouvriers ou ruraux, inquiets de voir leur destin leur échapper au profit d'institutions supranationales.

Cette victoire sur le fil a irrévocablement arrimé la France au cœur de l'Union européenne contemporaine, démontrant une fois encore que les 20 septembre restent ces dates charnières où l'Histoire hésite, tremble, puis bascule pour de bon.

20 septembre : Saint Davy

Saint Davy, dont le prénom est une déclinaison celte et anglo-saxonne de David signifiant "le bien-aimé", est généralement commémoré en souvenir du bienheureux Jean Davy. Moine et diacre chartreux en Angleterre au XVIe siècle, il vécut durant la période tourmentée de la Réforme anglicane sous le règne d'Henri VIII. Fidèle à ses convictions religieuses et à l'autorité du pape, il refusa catégoriquement de prêter le serment de suprématie qui déclarait le roi souverain suprême de l'Église d'Angleterre. Pour cette fidélité spirituelle, Jean Davy fut incarcéré à la sinistre prison de Newgate à Londres. Laissé sans soins ni nourriture dans des conditions particulièrement rudes, il y mourut martyr de la faim en 1537, témoignant jusqu'au bout d'une foi inébranlable.

Les saints du jour

Le 20 septembre est également l'occasion de fêter plusieurs autres grandes figures de l'histoire chrétienne :

  • Saint André Kim Taegon, premier prêtre coréen, et saint Paul Chong Hasang, célébrés avec leurs 101 compagnons martyrs qui donnèrent leur vie pour leur foi en Corée au XIXe siècle.
  • Saint Eustache, martyr romain du IIe siècle, traditionnellement honoré à cette date.
  • Saint Jean-Charles Cornay, prêtre des Missions Étrangères de Paris, martyrisé au Tonkin (Vietnam actuel) en 1837.
  • Sainte Candide, martyre à Carthage au IIIe siècle.

Les célébrités portant ce prénom

Plusieurs personnalités de renom portent ou ont porté le prénom Davy :

  • Davy Crockett (1786-1836) : héros populaire et pionnier américain, soldat et homme politique, devenu une légende de la conquête de l'Ouest et du siège de Fort Alamo.
  • Davy Jones (1945-2012) : chanteur, compositeur et acteur britannique, célèbre pour avoir été l'un des membres principaux du groupe pop-rock The Monkees.
  • Davy Mourier (né en 1976) : auteur de bandes dessinées, acteur, scénariste et réalisateur français, figure emblématique de la création humoristique sur le web et à la télévision.
  • Davy Klaassen (né en 1993) : footballeur international néerlandais évoluant au poste de milieu de terrain.
  • Davy Sicard (né en 1973) : auteur-compositeur-interprète français originaire de l'île de La Réunion, ambassadeur moderne du maloya.
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