Affaire Jubillar : chiens, djihad, amant… comment Cédric a multiplié les fausses pistes avant ses aveux

Publié par Sarah Martin
le 26/08/2026
Cédric Jubillar
abacapress
© Poitout Florian/ABACA
Après des années de dénégations, les aveux de Cédric Jubillar et la localisation des ossements de son épouse Delphine mettent en lumière une mécanique d'obstruction minutieuse déployée dès décembre 2020.

L'enquête sur la disparition de l'infirmière tarnaise vient de trouver son épilogue judiciaire après des années d'un mystère entretenu par le principal suspect. Face aux enquêteurs et aux magistrats, le peintre plaquiste a finalement renoncé à sa posture d'innocence après avoir exploré une multitude de récits alternatifs. Ce dénouement clôt une instruction marquée par de multiples tentatives de diversion destinées à retarder l'échéance judiciaire.

De la disparition aux aveux : l'effondrement du scénario initial

Le dossier a basculé lorsque Cédric Jubillar a reconnu avoir étranglé son épouse lors d'une violente dispute conjugale, avant de désigner l'emplacement exact du corps enfoui sur la commune de Mailhoc. Cet aveu pulvérise la version originale transmise aux gendarmes le 16 décembre 2020 au petit matin. À l'époque, le mari affirmait que Delphine était sortie seule en plein couvre-feu sanitaire pour promener les deux chiens du foyer, les animaux étant mystérieusement rentrés seuls au domicile de Cagnac-les-Mines.

Très vite, les investigations techniques ont relevé de lourdes anomalies matérielles au sein de la maison familiale. Les gendarmes ont constaté la mise en route suspecte d'une machine à laver en pleine nuit contenant la couette de Delphine, la coupure subite de son téléphone portable et l'absence totale d'effets personnels appuyant la thèse d'un départ volontaire. Aucun élément matériel ne corroborait la promenade nocturne décrite par le suspect.

Djihad, amant, secte : le catalogue des diversions pour échapper aux soupçons

Pour détourner les soupçons, l'accusé a formulé plusieurs hypothèses baroques auprès de son entourage et des autorités. Il a notamment évoqué une dérive sectaire ou un embrigadement religieux de son épouse. Sa propre mère, Nadine Jubillar, a confirmé ces égarements lors des débats judiciaires : « J'ai échafaudé des milliers d'hypothèses dans ma tête », citant notamment l'idée farfelue « d'un départ dans les rangs de Daech ou dans une secte ». Durant les interrogatoires, les parties civiles ont rappelé ces insinuations : « Vous avez parlé d'un départ pour le djihad et pour les témoins de Jéhovah. C'était une hypothèse sérieuse pour vous ? »

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Parallèlement, l'homme a tenté de faire porter les soupçons sur la sphère intime de son épouse, ciblant particulièrement « l'amant de Montauban » et son entourage. Il cherchait ainsi à masquer le fait qu'il connaissait parfaitement la volonté d'émancipation de Delphine et leur séparation imminente. Cette stratégie s'est heurtée au travail méthodique des enquêteurs. Les données de géolocalisation, l'expertise des lunettes brisées de Delphine Jubillar retrouvées sur la scène de crime ainsi que le témoignage de l'aîné du couple ont anéanti ces versions successives

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