Louvre : Christophe Leribault nommé après une crise majeure

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 25/02/2026
Christophe Leribault
abacapress
Après la démission de Laurence des Cars, fragilisée par un vol retentissant et des grèves internes, Christophe Leribault s’apprête à prendre la tête du Louvre. Un choix stratégique pour stabiliser le plus grand musée du monde, en pleine zone de turbulences.

Coup de théâtre au Louvre ! Christophe Leribault sera nommé à la présidence du Musée du Louvre lors du conseil des ministres de ce mercredi matin, après la démission surprise de Laurence des Cars . 

L’actuel président du château de Versailles succède ainsi à celle qui dirigeait le plus grand musée du monde depuis 2021. Une transition précipitée, sur fond de crise interne, qui ouvre une nouvelle page pour l’institution parisienne déjà confrontée à de multiples défis.

Un départ sous tension, une nomination stratégique

La démission de Laurence des Cars n’était pas anticipée publiquement, même si les signaux d’alerte s’étaient multipliés ces derniers mois. Toujours selon Le Monde, la présidente aurait été fragilisée par le vol de bijoux survenu en octobre 2025 ainsi que par plusieurs mouvements de grève des agents . Deux épisodes qui ont profondément ébranlé l’institution et relancé les interrogations sur la sécurité et les conditions de travail au sein du musée le plus visité au monde.

Dans ce contexte délicat, le choix de Christophe Leribault apparaît comme une décision de continuité dans l’exigence, mais aussi comme un pari sur l’expérience. Conservateur reconnu, il dirige le château de Versailles depuis 2024, où il avait succédé à Catherine Pégard. 

Son arrivée à la tête du Louvre semble répondre à une logique claire : confier la barre à un profil aguerri, rompu aux équilibres politiques et aux contraintes budgétaires, capable d’éteindre les incendies sans perdre de vue l’ambition culturelle.

Car le Louvre n’est pas un musée comme les autres. C’est à la fois un symbole patrimonial, un acteur diplomatique, un moteur touristique et une vitrine mondiale de l’excellence française. Chaque crise y prend une dimension internationale. Le vol de bijoux évoqué par Le Monde a ainsi dépassé le simple fait divers pour devenir un enjeu d’image et de crédibilité . Les grèves des agents, quant à elles, ont rappelé que la question sociale reste centrale dans les grandes institutions culturelles.

Vous avez aimé cet article ?

Leribault hérite donc d’une maison fragilisée, mais loin d’être en ruines. Le Louvre conserve une puissance d’attraction exceptionnelle, des collections inégalées et une capacité d’innovation reconnue. La mission du futur président sera double : restaurer la confiance en interne et rassurer à l’extérieur, auprès des partenaires, des mécènes et du grand public.

Christophe Leribault, l’homme des grandes maisons

Âgé de 52 ans, Christophe Leribault s’est imposé au fil des années comme l’un des profils les plus solides du paysage muséal français. Historien de l’art, spécialiste du XVIIIe siècle, il a dirigé le musée d’Orsay avant de prendre les rênes du château de Versailles. Son parcours, marqué par des expositions ambitieuses et une gestion réputée rigoureuse, lui confère une légitimité incontestable.

À Versailles, il avait dû composer avec un monument à la fois patrimonial et politique, soumis à une pression touristique constante. Sa capacité à maintenir l’équilibre entre exigence scientifique et attractivité grand public a été saluée. Cette expérience constitue un atout majeur pour le Louvre, confronté aux mêmes tensions entre fréquentation record et préservation des œuvres.

Son style, plus discret que flamboyant, tranche avec certaines figures médiatiques du monde culturel. Leribault est décrit comme un gestionnaire méthodique, attentif aux équipes et soucieux de la cohérence des projets. Dans une période troublée, ce tempérament pourrait s’avérer précieux.

La nomination, si elle est entérinée en conseil des ministres comme annoncé , illustre aussi la volonté de l’exécutif de sécuriser la gouvernance des grandes institutions culturelles. Le Louvre, en tant qu’établissement public à caractère administratif, reste étroitement lié à l’État. Chaque changement à sa tête est scruté comme un signal politique.

Au-delà de la gestion de crise, Christophe Leribault devra se projeter dans l’avenir. Le Louvre est engagé dans des projets de modernisation, de réaménagement des espaces et de réflexion sur les flux de visiteurs. La question de l’expérience muséale, à l’heure du numérique et des nouvelles attentes du public, sera centrale. Comment concilier accessibilité, innovation et respect d’un patrimoine plusieurs fois centenaire ?

L’enjeu est d’autant plus crucial que le musée incarne une part de l’identité française. À travers la Joconde, les antiquités égyptiennes ou les chefs-d’œuvre de la Renaissance, c’est une certaine idée de la culture universelle qui s’expose. Le prochain président devra préserver cet héritage tout en adaptant l’institution aux mutations du XXIe siècle.

La transition entre Laurence des Cars et Christophe Leribault marque ainsi plus qu’un simple changement de nom. Elle symbolise une étape charnière pour le Louvre, confronté à la nécessité de se réinventer sans se renier. Dans un monde où les institutions culturelles sont sommées d’être exemplaires, transparentes et inclusives, la tâche s’annonce immense.

Reste à savoir si Christophe Leribault saura transformer cette période de turbulences en opportunité. Son parcours plaide en sa faveur. Mais au Louvre, plus qu’ailleurs, chaque décision s’inscrit dans l’histoire. Et l’histoire, elle, ne laisse que peu de place à l’erreur.

 
Google News Voir les commentaires