François Bayrou sacré « premier maire de France » : une consécration qui met le feu aux poudres à Pau
Alors que la campagne électorale entre dans sa dernière ligne droite, cette distinction tombe à point nommé pour le maire sortant. Pourtant, loin de faire l'unanimité, ce classement ravive les tensions sur le bilan réel de la mandature, divisant les Palois entre la vitrine d'une ville transformée et la réalité quotidienne des quartiers.
Le sacre économique de François Bayrou
Le magazine Challenges a dévoilé en février 2026 son palmarès annuel, plaçant Pau sur la plus haute marche du podium des agglomérations de plus de 50 000 habitants. Selon l'hebdomadaire économique, la cité béarnaise s'illustre par une excellente capacité d'autofinancement et une maîtrise rigoureuse des dépenses de fonctionnement, tout en maintenant un fort dynamisme dans l'investissement public.
« Pau s'impose comme la ville la mieux gérée de sa strate, portée par une stratégie d'investissement offensive sans hausse de la fiscalité locale », note Challenges. Une distinction immédiatement saluée par l'édile. Dans un communiqué de la Ville, François Bayrou évoque une reconnaissance de « la rigueur et de l'ambition portées depuis douze ans pour transformer Pau ».
Un bilan financier et social contrasté
Derrière les lauriers, l'opposition municipale pointe des zones d'ombre, notamment sur la dette consolidée. Les chiffres du dernier débat d'orientation budgétaire de décembre 2025 révèlent un encours de dette par habitant avoisinant les 1 100 euros. Un niveau jugé « préoccupant pour les générations futures » par les opposants au maire sortant, qui contestent la méthodologie du classement.
Or, les données budgétaires réelles (Source : Le Figaro / Journal du Net / Valeurs Actuelles de déc. 2024 et sept. 2025) indiquent que l'encours de la dette à Pau a presque doublé sous les mandats de François Bayrou, atteignant environ 1 440 € par habitant en 2024/2025. Le chiffre de 1 100 € est donc une sous-estimation significative de la réalité comptable.
Si Challenges valorise l'attractivité via la rénovation du centre-ville ou le bus à hydrogène Fébus, d'autres indicateurs nuancent ce tableau. Les données de l'INSEE rappellent que le taux de pauvreté à Pau frôle les 18 %, un chiffre supérieur à la moyenne nationale. À seulement vingt jours du premier tour, prévu le 15 mars 2026, la publication de ce palmarès est perçue par les listes concurrentes comme un « cadeau électoral opportuniste », en décalage avec les difficultés d'accès au logement et le quotidien des foyers modestes.
Une fin de campagne sous haute tension
Ce titre honorifique cristallise le sentiment d'une « ville à deux vitesses ». Si la presse nationale célèbre la métamorphose du cœur de ville, les comités de quartier alertent sur des problèmes de sécurité et de propreté persistants en périphérie. Jérôme Marbot, chef de file de l'opposition, s'est emparé du sujet pour dénoncer une politique de « vitrine ».
« C'est une gestion cosmétique. On décore le salon pendant que la toiture s'effondre », a-t-il fustigé dans la presse locale, qualifiant ce titre d'insulte envers ceux qui subissent la fermeture des services de proximité. Les électeurs palois devront désormais trancher. Le scrutin se jouera entre la validation de la stature nationale de François Bayrou et la sanction d'un mandat que ses détracteurs jugent éloigné du terrain.