Les recommandations annuelles de la Commission européenne viennent de tomber. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Bruxelles ne manque pas d'idées pour aider la France à retrouver le cadre de la croissance et de la diminution de la dette publique. Tous les détails avec Planet.fr.

© Tous les ans, la Commission européenne publie des recommandations aux différents pays de l'Union européenne afin qu'ils retrouvent le cap qu'ils sont censés suivre. La Commission conseille donc à la France de mettre en place de nouvelles mesures d'économie pour améliorer la balance commerciale, la compétitivité du pays et la dette publique. Selon elle, il faut poursuivre l'effort d'assainissement budgétaire.

Une nouvelle réforme des retraites : selon L'Expansion, la Commission conseille à la France de geler les retraites de manière provisoire "ainsi que d'autres prestations sociales", car la dernière réforme des retraites "ne suffira pas à combler le déficit du système, ni, en particulier le déficit des régimes des fonctionnaires et des salariés d'un certain nombre d'entreprises publiques". 

Moins de dépenses dans le domaine de la santé :  La Commission européenne insite également sur un autre point, les coûts de la santé. "D'importantes économies à court terme ne peuvent être réalisées sans une réduction significative de l'augmentation des dépenses de sécurité sociale". Il faudrait donc "mettre en oeuvre des politiques supplémentaires de maîtrise des coûts" en ce qui concerne les dépenses des secteurs pharmaceutiques, administratifs et hospitaliers.

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Un coût du travail trop important :  Bruxelles note que "la France est l'un des Etats membres où le coût du travail est le plus élevé" et "la charge fiscale sur le travail réduit la rentabilité des entreprises" Même si la Commission européenne reconnaît les efforts qui ont mené au CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) et au pacte de responsabilité qui permettent un allègement de 30 milliards d'euros de charge, elle regrette cependant que cela contrebalance seulement "l'augmentation générale de la fiscalité des entreprises entre 2010 et 2013".

Un salaire minimum trop fort : "Le niveau du salaire minimum en France est tel qu'il permet d'avoir un pouvoir d'achat parmi les plus élevés de l'Union européenne". La Commission note que "les dérogations au salaire minimum obligatoire" sont "peu nombreuses" et voudrait qu'il puisse être modulé "d'une manière propice à la compétitivité et à la création d'emploi".

Voir à la baisse la fiscalité des entreprises :  La Commission européenne estime que "la pression fiscale en France est élevée et constante. En 2013, le ratio impôts au PIB s'est établi à 45,9%, ce qui en fait l'un des plus élevés de l'Union européenne". Selon elle, il faudrait donc baisser les taux d'impôt sur le revenu et sur les sociétés, tout en renforçant "l'efficacité de la TVA". Elle voudrait en effet supprimer les taux réduits qui favorisent largement les consommateurs. Bruxelles souhaite également que le gouvernement établisse un calendrier pour que l'imposition des entreprises passe de 38,1% à 28%. Enfin, elle souhaiterait augmenter la fiscalité environnementale et supprimer la taxation favorable au diesel.

Moins d'échelons administratifs : "Le projet de loi sur la décentralisation devrait permettre de simplifier les divers échelons administratifs en France, en vue d'éliminer les chevauchements de compétences entre les administrations". La Commission envisagerait donc de mettre un terme aux Conseils généraux et encourage le gouvernement à aller au bout de sa réforme territoriale. Elle précise aussi que "le contrôle des dépenses des collectivités locales devrait être également renforcé", milite pour un fiscalité locale qui augmente moins, et voudrait voir mise en oeuvre "de façon rigoureuse la réduction prévue des subventions octroyées par l'Etat".

Au final, pas de grande nouveauté comparé à ses recommandations de 2013, mais elle remarque tout de même que "les efforts et les sacrifices consentis dans toute l'Europe ont commencé à porter leurs fruits". Il semble même que "la croissance est de retour".

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