1,2 milliards de dollars. C’est la somme engendrée par les transactions effectuées sur le site internet Silk Road. Cet "eBay" de la drogue et des activités illicites a été saisi et fermé hier par le FBI après deux ans et demi d’une activité prospère. Lumière sur cette affaire et ses conséquences sur la cyber-criminalité. 

Dans les bas-fonds de la Toile, à l’abris des moteurs de recherche communément arpentés, se dissimule un monde à part, terre de l’anonymat et de tous ses excès. Ce royaume, nommé "deep weeb" ("Web profond"), accessible via des serveurs privés et de logiciels de cryptage ultra-sophistiqués, ouvre un champ de possibles dont l’étendue n’a pour limite que l’imagination. Dans cette immensité, le site Silk Road ("Route de la soie"), véritable emblême de cet univers caché, est au deep web ce qu’Amazon est à l’Internet courrant. Toute sorte de produits y transitent, des plus anodins aux plus illégaux : drogues de toutes sortes, armes, pédopornographie, etc. Ce portail concentre pas moins de la moitié des transactions effectuées dans le deep web. 

Effondrement d’un des piliers de la cyber-criminalité

C’est au terme de deux ans d’enquête et d’infiltration, rapporte Marianne, que le FBI est parvenu à rassembler les preuves nécessaires à la fermeture du site, ainsi qu’à l’interpellation de sa tête pensante, un homme du nom nom de Ross Ulbricht, dont l’allure n’a rien d’un caïd. Âgé 29 ans seulement, ce cyber-criminel est devenu le véritable barron de la drogue sur le Net, et est parvenu à engendrer pas moins de 80 millions de dollars de bénéfices en à peine deux ans et demi. 

Titulaire d’une licence de physique, cet érudit, qui se réclame adepte de philosophie et d’économie libertarienne, justifie la création de son site par un désir de contourner les lois étatiques établies, en offrant aux utilisateurs un portail où la liberté de parole et d’actes est "sacro-saint". Il a comparu jeudi dernier pour des chefs d’accusation multiples : blanchiment massif d’argent, complot de violations des lois sur les stupéfiants, piratage informatique… L’homme est même soupçonné de tentative d’homicide volontaire, pour avoir acheté la tête d’un de ses collaborateurs devenu gênant. L’enquête de deux ans menée par le FBI, des plus ardues, a même obligé le Bureau, alors infiltré, à mettre en scène une exécution sommaire afin de ne pas perdre la confiance d’Ulbricht. 

L’après "ère Silk Road"

Le principal atout du site est qu’il proposait un système sophistiqué garantissant la sécurité et l’anonymat aussi bien aux acheteurs qu’aux vendeurs. Ainsi y transitaient des quantités impressionantes de toutes les substances possibles et imaginable, dont la qualité était assurée par les utilisateurs eux-mêmes. Sa fermeture risque donc fort de handicaper sérieusement les consommateurs de drogues, qui devront à présent s’en retourner à l’achat à la sauvette et à ses risques aussi bien pénaux que médicaux. 

Une autre conséquence notoire de la saisie de Silk Road est la dévaluation conséquente du BitCoin, la monnaie virtuelle circulant dans le deep web. En effet, les quelques 3,6 millions de dollars de saisie de cette monnaie par le FBI, de même que la fermeture du géant de la drogue, ont vu son cours dévalué de 20%. 

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C’est une saisie record pour le Bureau Fédéral, et un véritable coup de couteau dans l’économie de la cyber-criminalité. Cependant, Silk Road ne représente qu’une infime partie de toute l’étendue des activités illicites du deep web, dont l’étendue est équivalent à 9 fois l’Internet de Google. 

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