Arrêté mercredi soir au terme d’une traque de trois jours, l’homme fortement soupçonné d’être l’auteur des attaques de Paris et La Défense refuse de répondre aux questions des enquêteurs. Il invoque son "droit au silence".

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Les enquêteurs attendent ses explications avec impatience. Mais Abdelhakim Dekhar a choisi de ne rien leur dire. Arrêté mercredi soir à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) pour tentatives d’assassinats à BFM TV, Libération et La Défense, mais aussi pour enlèvement et séquestration d’un automobiliste, il n’a pas encore parlé aux policiers. Hospitalisé après avoir vraisemblablement tenté de se suicider avec des médicaments, l’homme âgé de 48 ans a en effet invoqué son "droit au silence". Son avocat, Me Rémi Lorrain a expliqué qu’il attendait de pouvoir consulter son dossier.

Il a dénoncé un "complot fasciste"

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Mais alors qu’Abdelhakim a formellement été identifié par son ADN, les enquêteurs attendent notamment de lui qu’il leur explique ses revendications. Condamné en 1998 à quatre ans de prison pour avoir acheté le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin lors de la fusillade sanglante de ¨1994 à Paris, l’individu aurait toutefois laissé des courriers derrière lui. Dans ces missives, expliquant plus ou moins son objectif, il évoque ainsi un "complot fasciste" et fustige la "manipulation des masses". Le tireur présumé parle également des conflits dans le monde arabe, du "capitalisme" et de la "gestion des banlieues". Le tout, dans des propos "confus", a rapporté une source proche du dossier. François Molins, le procureur de la République de Paris a, quant à lui, rappelé que l’expertise psychiatrique faite au moment de l’affaire Rey-Maupin, dans les années 1990, avait mis en exergue ses "tendances affabulatoires", mais pas de "grain de folie".

Prolongée jeudi, la garde à vue d’Abdelhakim Dekhar peut durer jusqu’à 48 heures. Le suspect pourrait être présenté à la justice dès ce vendredi.

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