La question de l’appartement de Frigide Barjot, un spacieux logement HLM de 173 m² géré par la Ville de Paris, fait grincer quelques dents chez les détracteurs de la tête de pont des anti-mariage gay. Un avantage qui, selon eux, n’a pas lieu d’être quand la capitale compte des dizaines de milliers de demandeurs en attente de logements sociaux.

Sous le feu des projecteurs depuis plusieurs mois, Frigide Barjot ne cesse de faire parler d’elle. Mais depuis quelques jours, au-delà des appels à la violence lancés par le chef de fil de la Manif pour tous, et des débordements survenus en marge des débats au Sénat sur le mariage gay, c’est un tout autre sujet qui anime les détracteurs de la belle-sœur de Karl Zéro : celui de son appartement parisien.

Frigide Barjot occupe en effet un appartement de 173 m² situé à deux pas du Champ-de-Mars. Un logement dont elle ne cache pas l’existence et qu’elle avait évoqué en janvier dans les pages de Marianne, mais qui semble ces jours-ci faire grincer quelques dents. Ce lundi, alors que l’heure était à la transparence pour les ministres qui s’apprêtaient à dévoiler leur patrimoine, et que de nouvelles actions des anti-mariage gay semaient le trouble dans les rues de la capitale, Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris tweetait : « Au fait, il y a qqn pour rappeler que Frigide Barjot habite un 173m2 dans le 15e qui dépend de la RIVP, attribué du temps de Chirac ? »

L’histoire remonte à 1984. Son mari, Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, occupe un logement HLM de la ville de Paris. Quand l’appartement du dessus se libère, Virginie Tellenne, plus connue sous le nom de Frigide Barjot donc, fait une demande pour le récupérer, une demande qui est acceptée grâce, disent certains, à un passe-droit de Jacques Chirac, Frigide Barjot rédigeant alors les discours de Charles Pasqua. En 2000, le couple obtient l’autorisation de la Régie immobilière de la Ville de Paris pour faire construire un escalier reliant les deux appartements, et vit donc désormais dans un très spacieux appartement, agrémenté d’une terrasse de 40 m².

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Une situation qui choque certains, mais qui, pour la RIVP, ne pose pas de problèmes. « Pour nous, c'est sans histoire » avait expliqué une employée à la RIVP à Marianne. « Le couple paie ses loyers comme n'importe quel locataire. Sur le fait qu'il y soit toujours, c'est normal. Ce n'est pas parce que Madame Barjot va manifester que l'on doit mettre fin à leur bail ». En revanche, sur la question de la surface de l’appartement, les réponses sont plus mitigées. « Effectivement, cela peut sembler beaucoup pour quatre » reconnait-on. « Un des deux appartements suffirait largement. Mais tout ça a été fait avant 2001, date du dernier acte de la RIVP pour l'escalier. Evidemment aujourd'hui, la RIVP ne ferait plus une telle attribution, mais il nous est impossible de revenir en arrière... »

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