Chaque mois, des milliers d’objets sont perdus ou oubliés dans les aéroports. Si elles ne sont pas réclamées, ces affaires entament alors un périple que vous n’auriez pas soupçonné.

Lunettes, ordinateurs, clés, portefeuilles… où vont les objets que l’on égare dans un aéroport ? Il est facile d’oublier ou perdre ses affaires dans le tumulte d’un terminal. Le stress de rater l’avion, la recherche de la bonne porte d’embarquement… une minute d’inattention et nos biens peuvent s’égarer dans les longs corridors.

Que ce soit une valise pleine, le doudou de votre dernier-né ou la bague de fiançailles de votre aimée, les objets perdus n’ont pas la même destinée.

Lorsqu’il s’agit de valises, malheureusement, le destin est souvent funeste. "Si le propriétaire ne se manifeste pas dans les minutes qui suivent la perte, le bagage est pris en charge par l’équipe de déminage, puis souvent détruite, dans le cadre du plan Vigipirate", a expliqué la porte-parole du groupe Paris Aéroport à Planet.fr.

Pour les objets non réclamés jugés inoffensifs, l'aéroport les conserve pendant une durée variable allant jusqu’à un mois. Au-delà de ce délai, ils sont acheminés aux objets trouvés de la ville où commence la grande aventure. 

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Rue des Morillons ou la caverne d’Ali Baba

Au 36 rue des Morillons (15e) se trouve l’antre des objets trouvés de Paris. Tous les biens perdus dans les lieux publics de la capitale, aéroports et gares compris, se retrouvent en ce lieu, à attendre leur propriétaire.

Ici, les employés s’emploient à déceler chaque petit indice qui pourrait les mener à un éventuel propriétaire. S’ils n’en trouvent pas, ces affaires finissent dans les casiers du magasin au sous-sol, pendant une durée bien déterminée.

Pour les objets d’une valeur inférieure à 100 €, les propriétaires ont trois mois pour se manifester. Pour ceux estimés à une valeur supérieure à 100 €, ils auront jusqu’à 18 mois pour réclamer leur bien et justifier leur propriété. Un droit de garde de 11 € est demandé pour pouvoir le récupérer. En outre, si l’objet a une valeur estimée à plus de 762 € (anciennement 5 000 francs), il sera demandé de régler en plus 3 % du prix estimé.

Et pour les autres ?

Passés ces délais, si les objets ne sont pas réclamés, ceux dont la valeur est évaluée à moins de 100 € seront impitoyablement broyés. Pour ceux dont la valeur supposée est supérieure à 100 €, ils seront remis à des brocanteurs ou à des associations caritatives, telles qu'Emmaüs ou l’Armée du Salut. 

Enfin, certains biens jugés de grande valeur pourront finir en salles de vente aux enchères où des acheteurs batailleront pour se les approprier.

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Cette pratique est très populaire au Royaume-Uni et en Allemagne où les bagages et sacs non réclamés sont vendus aux enchères "à l’aveugle", (les acheteurs ignorent le contenu des bagages). Le produit de la vente est par la suite reversé à des associations caritatives. En Suisse est même organisé un "bagages bazar" sur le même principe.

Au final, le plus simple pour retrouver ses affaires, c’est de ne pas les perdre.

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