Afin de découvrir qui est à l’origine des fuites au sujet de l’affaire Sarkozy-Herzog, la police a enquêté sur des appels passés depuis le Tribunal de grande instance de Paris à des journalistes du "Monde".

D’où proviennent les fuites sur les affaires judiciaires en cours ? Les policiers enquêtant sur l’affaire Herzog-Sarkozy ont porté une attention toute particulière sur certains appels émis depuis le pôle financier du tribunal de grande instance de Paris à des journalistes du Monde, a rapporté ce mardi l’AFP.

Selon le Canard Enchainé, les enquêteurs ont été priés par deux juges d’instructions parisiens de lister "les appels sortants enregistrés sur les postes fixes du pôle financier en lien avec les numéros" de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, journalistes au Monde.

Ces derniers avaient révélé en mars dernier que Nicolas Sarkozy avait été placé sur écoute dans le cadre d’une enquête pour corruption et trafic d’influence. Cette affaire, qui avait fait grand bruit, avait notamment conduit à la mise en examen, début juillet, de l’ancien chef d’Etat.

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L’ex-président est en effet soupçonné d’avoir tenté d’obtenir des informations sur une procédure judiciaire le concernant auprès de Gilbert Azibert, alors magistrat de la Cour de cassation, contre la promesse d'appuyer sa candidature pour un poste à Monaco.

Selon une source proche du dossier citée par l’agence de presse, et confirmant les informations du Canard Enchainé, les policiers se sont penchés sur les appels passés entre magistrats et ces journalistes "entre le 1er janvier 2014 et le 17 mars 2014".

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Les résultats de l’investigation n’ont toutefois pas apporté de réponse. Seuls un appel manqué et un autre de 34 secondes ont été identifiés. Ils ont été émis le 14 février depuis le poste de la procureur national financier Eliane Houlette vers le portable de Gérard Davet. Or, à cette date, "le parquet n'avait pas encore été saisi de la procédure, dite Herzog-Sarkozy, et n'était donc pas au courant du dossier", rapporte la source judicaire à l’AFP.

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Ce n’est pas la première fois que la justice cherche à identifier les sources de certains journalistes du Monde. En effet, Phillipe Courroye, l’ex-procureur de Nanterre, ainsi que Bernard Squarcini, ex-directeur du renseignement, avaient fait analyser les factures détaillées d'appels passés par certains journalistes du quotidien. Dans les deux cas, la justice cherchait à découvrir les sources.

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