L'enquête portant sur Bygmalion serait désormais étendue à des faits de "financement illégal de campagne" nous apprend Le Monde. Si ces faits sont avérés, c'est le candidat à la présidentielle qui devra en répondre devant la justice.

Selon les informations des journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, les policiers en charge de l’enquête portant sur le système des fausses factures penchent désormais vers l’infraction de "financement illégal de campagne électorale" et non plus pour "abus de confiance" seulement. À ce titre, c’est le candidat lui-même qui serait puni si l’infraction est avérée comme le rappellent les journalistes.

En effet, selon l’Article L113-1 du code électoral, la responsabilité d’une telle infraction incombe au candidat dans le cas où ce dernier a "fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés".

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Pour l’instant, Nicolas Sarkozy nie avoir eu connaissance du dispositif de "ventilation" des comptes de sa campagne de 2012 au motif que ces questions logistiques ne le concernaient pas. Selon les informations du Monde, Mme Dufau, chef de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, doute que Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé ignoraient tout de ce système de double facturation.  

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Ce faisant, si l’enquête est entendue à des infractions de "financement illégal de campagne électorale" ou de "fraude électorale", Nicolas Sarkozy pourrait en porter la responsabilité et donc en répondre devant la justice.

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En imagesBygmalion : tous les protagonistes de cette vaste affaire

Jean-François Copé

Le député-maire de Meaux est le personnage central du volet qui concerne l’UMP. Le président du parti d’opposition est soupçonné d’avoir surfacturé à la société Bygamalion fondée par deux de ses proches des évènements en marge de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Accablé, Jean-François Copé a même annoncé qu’il allait rendre les r...

Nicolas Sarkozy

C’est pour masquer les folles dépenses de sa dernière campagne présidentielle que l’UMP aurait décidé de surfacturer des évènements et ainsi, ne pas dépasser la somme de 22 millions d’euros autorisée.

Me Patrick Maisonneuve

L’avocat de Bygmalion accuse l’UMP d’avoir surfacturé des évènements à son client en 2012.

Jérôme Lavrilleux

L’ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy et actuel directeur de cabinet de Jean-François Copé a récemment avoué sur le plateau de BFM TV avoir tenté de dissimuler l’explosion des frais de campagne de l’ex-président il y a deux ans. "Il y a eu l’engrenage irrésistible d’un train filant à toute vitesse. Ceux qui devaient tirer la son...

Bastien Millot

Proche de Jean-François Copé, il a fondé Bygmalion en 2008 avec Guy Alvès.

Dominique Dord

  L’ancien trésorier de l’UMP (de 2010 à 2012) a récemment été entendu par les enquêteurs. Il doit notamment répondre de faux et usage de faux, d’abus de biens sociaux, d’abus de confiance et de recel.

Guillaume Peltier

  Le vice-président démissionnaire de l’UMP est visé dans une enquête pour délit de favoritisme et prise illégale d’intérêts présumés. Son domicile a d’ailleurs été perquisitionné mardi. L’enquête fait suite à une plainte déposée en décembre 2012 par l’association de lutte anticorruption Anticor et à une décision du maire UMP de Menton, Jean-Claud...

Patrick de Carolis

  L’ancien PDG de France Télévisions est lui aussi mêlé à l’affaire Bygmalion, dans son volet télévisuel. Il a récemment été mis en examen pour favoritisme, soupçonné d’avoir reçu près de 120 000 euros de commission de la part de Bygmalion entre 2008 et 2012.

Camille Pascal

  Le secrétaire général de France Télévisions a lui aussi été mis en examen dans le cadre du volet télévisuel de l’affaire Bygmalion.

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