Juste après l'attentat de samedi à Manhattan, la police a diffusé une alerte sur les portables de toute personne présente dans le secteur. Comment fonctionne ce système, qui pourrait révolutionner la lutte contre le terrorisme ?

Ahmad Khan Rahami, un Américain de 28 ans, a fait sauter une bombe samedi soir dans l'arrondissement new-yorkais de Manhattan, blessant 29 personnes. Lundi après-midi, toutes les personnes se trouvant dans la zone touchée par l'attentat ont reçu un message d'alerte.

"RECHERCHÉ : Ahmad Khan Rahami, homme de 28 ans. Voir le fichier joint pour une photo. Appelez le 911 si vous le voyez"

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Pourquoi une telle efficacité ?

L'organisme gérant la WEA collabore avec la plupart des compagnies téléphoniques des États-Unis, comme l'explique la FCC. Ces dernières implantent dans les téléphones un système permettant de recevoir des alertes WEA. L'alerte, qui doit être lancée par une autorité certifiée, transite par l'Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA), qui la transmet aux compagnies téléphoniques.

Les antennes-relais des compagnies présentes dans la zone de l'attentat véhiculent alors l'information jusqu'aux portables de tous les citoyens alentours. Ainsi, même en venant d'un autre État, il est possible de recevoir l'alerte si l'on est dans une zone à risques. Pour être reconnue, elle émet un son et une vibration spécifiques. De plus, elles utilisent un canal propre, différent de celui emprunté par un SMS, et ne subissent donc pas d'encombrement.

Peut-on espérer profiter d'un tel dispositif en France ?

En France, le SAIP est une application à télécharger, et non un dispositif intégré au téléphone. En outre, selon L'Express, l'équipe chargée de son développement est réduite et fait face à de nombreux soucis techniques.

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Selon le hacker Gaël Musquet, interrogé par Libération, le gouvernement doit arrêter d'utiliser la Wi-Fi, la 3G et la 4G pour son application. Ce sont des systèmes "potentiellement vulnérables", qui ne résolvent pas le problème d'encombrement. Selon lui, la seule solution est de se calquer sur le système d'alertes américain. Pour l'instant, l'État se contente de demander des mises à jour de l'application.

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