Nouveau congé de naissance : que faire si la CPAM tarde à payer ?

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 12/08/2026
conges naissance
New Planet Media
Six semaines après le lancement du nouveau congé de naissance le 1er juillet 2026, des milliers de parents se retrouvent sans ressources et doivent actionner des recours d'urgence pour débloquer leur indemnisation à 70 % du salaire.

Promis comme une avancée sociale destinée à offrir davantage de temps aux jeunes parents, le congé supplémentaire de naissance est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Le lancement de ce nouveau dispositif s’accompagne cependant de nombreuses interrogations administratives. Certains bénéficiaires s’inquiètent notamment de ne voir apparaître aucun virement sur leur compte bancaire.

Avant de conclure à un blocage, il faut comprendre le calendrier particulier de cette indemnisation et vérifier que l’employeur a bien transmis toutes les informations nécessaires à l’Assurance Maladie.

Un nouveau droit ouvert depuis juillet 2026

Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance permet à chaque parent de prendre un ou deux mois de congé indemnisé, en complément du congé de maternité, de paternité ou d’adoption.

Pour les salariés, le premier mois est indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net de référence, puis le second à 60 %, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros en 2026. La caisse retient les trois derniers mois de rémunération déclarés par l’employeur.

Le congé concerne les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026. Les parents d’un enfant arrivé au foyer entre janvier et juin disposent d’un calendrier dérogatoire : leur congé doit commencer avant le 1er avril 2027.

Un paiement effectué à la fin de chaque mois de congé

Contrairement à un salaire versé à date fixe, l’indemnité du congé supplémentaire de naissance est payée une fois le mois de congé entièrement écoulé. Celui-ci est calculé de date à date.

Ainsi, un congé commencé le 15 juillet se termine le 14 août. Le versement n’est donc attendu qu’après cette dernière date. L’absence de paiement au début du mois d’août ne traduit pas nécessairement un retard administratif.

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La caisse n’adresse pas systématiquement de confirmation avant le règlement. Après le paiement, le bénéficiaire reçoit un relevé d’indemnités journalières. Des délais supplémentaires peuvent néanmoins apparaître lorsqu’une pièce manque ou que les informations transmises par l’employeur nécessitent une vérification.

Les documents qui peuvent bloquer l’indemnisation

Pour un salarié d’entreprise, la demande d’indemnisation est normalement transmise par l’employeur. Le bénéficiaire n’a pas à remplir lui-même la démarche numérique réservée à certaines autres catégories d’assurés.

Si le paiement tarde au-delà de la fin du mois de congé, commencez par vérifier auprès du service des ressources humaines que les périodes d’absence et les éléments de rémunération ont bien été communiqués. Une anomalie sur les bulletins de salaire, l’état civil de l’enfant ou les dates déclarées peut suspendre l’instruction.

Il faut également avoir épuisé, sauf exception, son congé de maternité, de paternité ou d’adoption. Toute activité professionnelle doit être interrompue pendant la période indemnisée.

Attention aux prestations qui ne sont pas cumulables

L’indemnité du congé supplémentaire de naissance ne peut généralement pas être versée en même temps que certaines prestations, notamment :

  • la PreParE pour une même période ;
  • les allocations chômage ;
  • des indemnités journalières de maladie ou d’accident du travail ;
  • l’allocation journalière de présence parentale ;
  • le complément de libre choix du mode de garde pour l’enfant concerné.

Une exception concerne les parents d’enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : ils peuvent temporairement cumuler le CMG avec l’indemnité du nouveau congé.

Les démarches à suivre si le paiement tarde réellement

Lorsque le mois de congé est terminé et qu’aucun versement n’apparaît, consultez d’abord votre compte Ameli et contactez votre caisse afin de vérifier l’état du dossier. Demandez précisément si la déclaration de l’employeur et les données salariales ont été reçues.

En cas de blocage persistant, déposez une réclamation écrite depuis votre espace personnel en conservant une copie de tous les échanges. Si cette réclamation n’aboutit pas, vous pourrez ensuite saisir gratuitement le médiateur de l’Assurance Maladie. Aucun délai automatique de 48 heures ne conditionne cette démarche.

En parallèle, examinez votre convention collective. Certaines entreprises assurent un maintien total ou partiel de la rémunération et perçoivent ensuite les indemnités à la place du salarié. Ce mécanisme de subrogation n’est cependant pas obligatoire pour toutes les entreprises.

Que faire en cas de difficultés financières immédiates ?

Si le retard provoque une situation budgétaire grave, rapprochez-vous du CCAS de votre commune ou d’un travailleur social. Selon votre situation, une aide ponctuelle peut être accordée.

En cas d’impayé de loyer menaçant votre maintien dans le logement, le Fonds de solidarité pour le logement peut proposer une subvention ou un prêt sans intérêts. Les critères et les montants varient toutefois selon les départements.

Enfin, contactez rapidement votre conseiller bancaire pour expliquer la situation et solliciter, à titre commercial, la réduction ou le remboursement des agios et frais de rejet. La banque n’est pas tenue d’accepter, mais un justificatif de la caisse ou de l’employeur peut faciliter la négociation.

Sources externes

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