Vers un retour du certificat d'études à l'école primaire ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/08/2026
Certificat d'études primaires
New Planet Media
À l'approche de la rentrée scolaire, Gabriel Attal présente son projet pour l'Éducation nationale avec le retour du certificat d'études et une revalorisation salariale des enseignants.

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, l'ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle de 2027 détaille sa feuille de route pour réformer en profondeur le système éducatif. Affirmant qu'"il y a un problème de niveau à l'école" et qu'il souhaite "mettre fin au doute français sur l'école de la République", il entend poser de nouveaux repères stricts dès le cycle primaire.

Du certificat d'études aux salaires : les annonces fortes de Gabriel Attal pour l'école

Au centre de ses propositions figure le rétablissement d'un examen d'entrée au collège, abandonné en 1989. Ce certificat d'études sanctionnera la fin du cycle primaire pour valider les savoirs fondamentaux avant le passage en sixième.

Ce durcissement s'accompagne d'une refonte des transitions scolaires. Gabriel Attal prévoit la création d'une "année passerelle" pour les écoliers qui ne maîtrisent pas les acquis du CM2 : "Il faudra que ceux qui y entrent aient le niveau et proposer une année passerelle à ceux pour qui ce n'est pas le cas", indique-t-il au quotidien du soir. Au niveau supérieur, l'obtention du diplôme national du brevet deviendrait une condition obligatoire pour intégrer la classe de seconde.

Sur le plan de l'organisation pédagogique, le projet prévoit de plafonner les effectifs à moins de 20 élèves par classe en primaire, en tirant parti de la baisse démographique. Au collège, les groupes de niveau en français et en mathématiques seraient généralisés. Afin de favoriser la mixité sociale, 100 collèges identifiés comme les plus ségrégués feraient l'objet d'une fermeture pour redistribuer les effectifs.

Concernant le personnel, le candidat promet une hausse de salaire mensuelle de 200 euros net pour l'ensemble des enseignants, pouvant atteindre jusqu'à 500 euros net par mois pour les milieux de carrière, pour un coût annuel chiffré à 2,5 milliards d'euros.

Contexte et enjeux : une stratégie politique pour marquer sa singularité en vue de 2027

Cette prise de parole constitue une critique en creux de la gestion gouvernementale récente. Gabriel Attal déplore l'instabilité ministérielle : "On a eu sept ministres de l'Éducation nationale en quatre ans et de nombreux changements de ligne. C'est une forme de très mauvais 'en même temps' qui a porté préjudice aux objectifs qu'on voulait atteindre." Pour y remédier, il défend une loi de programmation quinquennale portée par un ministre maintenu en fonction durant cinq ans et compte mettre fin au "collège unique."

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Cette offensive s'inscrit également dans une rivalité directe au centre et à droite de l'échiquier politique. Elle fait écho aux déclarations d'Édouard Philippe, qui suggère quant à lui une augmentation des rémunérations de 20 % sur l'ensemble du mandat présidentiel. Les deux prétendants cherchent ainsi à s'arroger le leadership sur les questions d'autorité et d'instruction publique.

Ces annonces suscitent toutefois des réserves au sein de la communauté éducative et des syndicats. Ces derniers pointent le risque de ségrégation lié aux années passerelles, s'interrogent sur la faisabilité logistique de la fermeture d'établissements et contestent la pertinence pédagogique des groupes de niveau imposés dès l'entrée au collège.

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