Présidentielle 2027 : 5 choses à savoir sur la primaire élargie de François Bayrou
Votre base est bonne, mais il faut présenter l’initiative comme une proposition encore très floue, et non comme une primaire déjà organisée. Voici une version plus attractive et mieux sécurisée.
Titre Google : Présidentielle 2027 : François Bayrou propose une grande primaire
Titre newsletter : Du PS aux gaullistes : le pari fou de Bayrou pour 2027
Autre titre newsletter, plus interrogatif : Bayrou veut une primaire géante : qui accepterait vraiment d’y participer ?
Chapô : Pour éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou propose une primaire allant des sociaux-démocrates aux gaullistes. Une alliance spectaculaire sur le papier, mais déjà rejetée par une partie du PS et de LR.
Présidentielle 2027 : François Bayrou propose une grande primaire
À moins d’un an de l’élection présidentielle, le paysage politique français paraît plus émietté que jamais.
Le bloc central pourrait présenter plusieurs prétendants. La gauche avance en ordre dispersé. À droite, les ambitions se multiplient également. Cette accumulation de candidatures fait craindre une dispersion des voix et un second tour dont les partis traditionnels seraient totalement absents.
François Bayrou pense avoir trouvé la parade. Le président du MoDem propose d’organiser un vote aussi ouvert que possible afin de départager les candidats allant du Parti socialiste aux gaullistes.
Son objectif : faire émerger un seul candidat capable de rivaliser avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Une primaire géante réunissant la gauche modérée, le centre et une partie de la droite ? L’idée peut séduire les électeurs lassés des divisions. Mais elle provoque déjà un véritable tir de barrage dans les états-majors.
Le scénario redouté par François Bayrou
François Bayrou ne cache pas son inquiétude. Selon lui, le principal risque de la présidentielle serait un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon.
Les candidats situés entre ces deux blocs pourraient s’éliminer mutuellement en recueillant chacun une fraction insuffisante des suffrages.
Plusieurs personnalités sont déjà déclarées ou envisagent une candidature : Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bernard Cazeneuve, Xavier Bertrand ou encore Bruno Retailleau. D’autres noms continuent de circuler, comme François Baroin, Yaël Braun-Pivet, Bruno Le Maire, Michel Barnier et Thierry Breton.
Si tous partaient séparément, aucun ne serait assuré d’atteindre le second tour.
François Bayrou souhaite donc obliger les prétendants de ce qu’il appelle le même « fleuve démocratique » à se départager avant la présidentielle.
La proposition dépasse très largement la seule désignation d’un candidat du bloc central. Elle s’étendrait, selon ses propres termes, du « PS version sociale-démocrate jusqu’aux gaullistes ».
Autrement dit, de certains socialistes à une partie des Républicains.
Une primaire ouverte aux électeurs
François Bayrou réclame une compétition entre les différentes personnalités susceptibles de se présenter. Le vainqueur deviendrait alors le candidat unique de cette vaste coalition.
Le président du MoDem défend un vote « le plus ouvert possible », qui ne serait donc pas réservé aux seuls adhérents des partis concernés.
L’idée consiste à confier directement aux électeurs le choix du candidat plutôt que de laisser les dirigeants négocier un accord dans les couloirs des sièges politiques.
À ce stade, de nombreuses questions restent toutefois sans réponse :
- Qui pourrait se présenter ?
- Combien faudrait-il réunir de parrainages ?
- Qui aurait le droit de voter ?
- Faudrait-il signer une déclaration d’adhésion à des valeurs communes ?
- Le résultat serait-il accepté par tous les candidats battus ?
- Quel programme pourrait réunir des socialistes et des gaullistes ?
François Bayrou dessine donc une méthode, mais pas encore une organisation complète. Aucune date, aucune règle définitive et aucun accord entre les partis n’ont été annoncés.
Le précédent spectaculaire de la primaire de 2016
L’ancien premier ministre peut néanmoins s’appuyer sur un précédent marquant.
En novembre 2016, la primaire de la droite et du centre avait attiré plus de 4,2 millions d’électeurs au premier tour, puis plus de 4,4 millions au second. François Fillon avait finalement remporté le scrutin face à Alain Juppé.
Cette mobilisation avait démontré que les Français pouvaient se déplacer massivement pour choisir eux-mêmes un candidat à la présidentielle.
Mais elle avait aussi révélé les limites de l’exercice. Le vainqueur de la primaire n’avait pas réussi à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle de 2017. Certains électeurs avaient par ailleurs été accusés d’avoir participé au scrutin pour éliminer un candidat plutôt que pour soutenir sincèrement le programme de la droite.
Une primaire ouverte peut donc créer une forte dynamique. Elle ne garantit ni l’unité du camp concerné ni la victoire finale.
Le véritable objectif : éviter la dispersion des voix
Pour François Bayrou, l’urgence est d’éviter que la multiplication des candidatures ne laisse le champ libre aux deux forces qu’il qualifie d’extrêmes.
Le centriste considère qu’un candidat unique pourrait devenir le principal rempart électoral face au RN et à LFI.
Ce raisonnement repose toutefois sur un calcul théorique. Les voix de candidats aussi différents ne s’additionnent pas automatiquement.
Un électeur socialiste accepterait-il de soutenir un candidat issu de LR ? Un électeur gaulliste voterait-il pour une personnalité de centre gauche ? Les sympathisants d’Édouard Philippe, de Gabriel Attal ou de Bernard Cazeneuve suivraient-ils tous le vainqueur de la primaire ?
Une alliance peut rassembler les appareils politiques tout en faisant fuir une partie de leurs électeurs.
Le risque serait alors de fabriquer une coalition extrêmement large, mais sans ligne suffisamment claire pour convaincre les Français.
Olivier Faure rejette la prolongation du bloc central
À gauche, la proposition de François Bayrou a immédiatement suscité une réaction hostile.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, estime que l’ancien premier ministre ne comprend pas que les Français ne souhaitent pas prolonger le bloc central.
Selon lui, les électeurs ne veulent pas d’une nouvelle alternance organisée « entre soi », mais d’une véritable alternative politique.
Cette réaction fragilise sérieusement le projet. Sans la participation d’une partie importante du PS ou des sociaux-démocrates, la grande primaire imaginée par François Bayrou se réduirait à une compétition entre plusieurs personnalités du centre.
La gauche connaît déjà ses propres divisions autour de la désignation d’un candidat commun. L’idée de rejoindre une consultation avec des responsables de droite risque de les aggraver encore davantage.
Chez LR, des divergences jugées insurmontables
La droite traditionnelle n’est pas plus enthousiaste.
Othman Nasrou, proche de Bruno Retailleau, estime que les divergences entre LR et la gauche sont trop importantes pour être effacées par un simple accord sur un candidat.
Les désaccords portent notamment sur l’immigration, la sécurité, les impôts, les dépenses publiques, les retraites et la place de l’État dans l’économie.
Les Républicains ont par ailleurs intérêt à défendre leur propre identité. Participer à une primaire avec le PS et les anciens soutiens d’Emmanuel Macron risquerait de brouiller leur ligne et de pousser une partie de leurs électeurs vers le Rassemblement national.
Après les profondes divergences idéologiques apparues entre les différents partis, l’union allant des socialistes aux gaullistes ressemble donc à un immense défi.
Thierry Breton, le candidat que Bayrou voudrait faire émerger ?
Derrière cette proposition de primaire, François Bayrou ne cache pas son intérêt pour certaines personnalités.
Il a notamment vanté les qualités de Thierry Breton. L’ancien commissaire européen serait, selon lui, enraciné dans la famille démocrate et réformatrice tout en n’ayant pas directement appartenu au pouvoir sortant.
François Bayrou met en avant son expérience et sa capacité supposée à rassembler largement.
Ce soutien alimente cependant un soupçon : cette primaire serait-elle réellement destinée à laisser les électeurs choisir librement ou servirait-elle à faire émerger une candidature déjà privilégiée par le président du MoDem ?
La question pourrait refroidir certains prétendants, notamment Édouard Philippe et Gabriel Attal, qui disposent déjà de leur propre organisation et n’ont aucun intérêt évident à se soumettre à une consultation dont ils ne maîtriseraient pas les règles.
Une idée séduisante, mais presque impossible à appliquer
Sur le papier, la proposition répond à une véritable faiblesse des partis modérés : leur incapacité à s’entendre avant le premier tour.
Sans accord, les Français pourraient effectivement se retrouver face à une multitude de bulletins de vote représentant le PS, Renaissance, Horizons, le MoDem et Les Républicains.
Mais pour qu’une primaire commune fonctionne, tous les participants devraient accepter trois choses particulièrement difficiles : des règles identiques, un programme minimal et l’engagement de soutenir le vainqueur.
Or le projet est rejeté par des responsables socialistes et républicains avant même que ses modalités soient connues.
François Bayrou veut obliger les prétendants à sortir de l’ambiguïté dès la rentrée. Son initiative pourrait effectivement accélérer les déclarations de candidature.
Elle pourrait aussi produire l’effet inverse : démontrer que, du PS aux gaullistes, les divisions sont devenues trop profondes pour faire émerger un candidat commun.
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