Face aux débordements, la Thaïlande divise par deux la durée des séjours sans visa
La décision marque un tournant sécuritaire majeur pour cette destination prisée des vacanciers occidentaux. Alors que le pays a enregistré l'arrivée de 12,4 millions de touristes entre le 1er janvier et le 10 mai 2026, marquant une légère baisse de 3,43 % par rapport à l'année 2025, les autorités modifient les règles d'accès au territoire.
La fin de l'exception des 60 jours sans visa
Le Conseil des ministres thaïlandais a tranché la question le mardi 19 mai 2026. Les voyageurs bénéficiant jusqu'alors d'une exemption de visa verront leur durée de séjour autorisée divisée par deux, rapporte l'AFP. Cette mesure soudaine annule purement et simplement le dispositif de faveur qui avait été instauré en juillet 2024 pour stimuler l'économie.
Les ressortissants de plus de 90 pays subissent directement cette restriction frontalière. Selon Le Figaro, la France, l'ensemble des nations de l'espace Schengen, les États-Unis et le Royaume-Uni figurent sur la liste des pays visés. Le retour à la règle stricte des 30 jours, voire 15 jours selon les types de passeports, s'appliquera de manière imminente.
Une période de préavis coutumière de quinze jours devrait précéder l'application effective aux douanes, menaçant potentiellement les réservations actuelles prévoyant de longs séjours.
Un impératif de sécurité nationale et de lutte contre les abus
Les autorités de Bangkok justifient ce revirement par une volonté inflexible d'endiguer la délinquance perpétrée par des touristes étrangers. Sihasak Phuangketkeow, ministre des Affaires étrangères, indique ouvertement que cette restriction drastique vise à freiner la « criminalité transnationale », selon un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères thaïlandais.
Le gouvernement cible explicitement les nombreuses dérives constatées ces derniers mois. Lors d'une récente conférence de presse, la porte-parole de l'exécutif, Rachada Dhnadirek, a assumé ce choix : « Le dispositif actuel a des avantages, notamment pour l'économie, mais il a permis à certaines personnes d'en abuser ».
Cette annonce politique fait directement écho à une série d'affaires médiatiques. Des infractions graves liées au trafic de drogue, des troubles récurrents à l'ordre public sous l'emprise de l'alcool, des frasques sexuelles en public ainsi que l'exploitation d'entreprises illégales sans permis ont poussé l'État à agir.
Comment organiser votre séjour désormais ?
Les vacanciers prévoyant une escapade de moins d'un mois continuent de bénéficier de l'exemption de visa classique lors de leur atterrissage. En revanche, pour les séjours plus longs, une prolongation unique de 30 jours demeure envisageable auprès des différents bureaux de l'immigration présents sur place.
Cette démarche administrative nécessite de s'acquitter d'une taxe nationale fixée à 1 900 bahts, ce qui représente environ 50 euros. Les services de l'immigration thaïlandais soulignent qu'un entretien formel est dorénavant obligatoire pour tout demandeur. Durant cet échange, le visiteur devra obligatoirement « expliquer pourquoi il souhaite rester plus longtemps » et fournir des justificatifs d'hébergement rigoureux.