Gros rififi chez CNews : un chroniqueur maison l'Arcom contre... un autre chroniqueur maison
La chaîne d'information en continu traverse une zone de turbulences inattendue. Les animateurs de l'émission "100% Frontières", Amine Elbahi et Erik Tegnér, se livrent désormais une bataille frontale sur le terrain administratif et judiciaire. Cette démarche s'explique en partie par le profil d'Amine Elbahi. En tant que juriste de formation, il n'hésite pas à porter les conflits éditoriaux devant les instances compétentes, donnant à cette affaire une dimension technique inédite.
Une saisine officielle de l'Arcom
Le 10 juin 2026, la mésentente a pris une tournure officielle. Amine Elbahi a déclenché une procédure en déposant une plainte administrative ciblant directement son co-présentateur. Il lui reproche publiquement un manque de transparence concernant ses proximités avec des formations politiques. "Erik Tegnér a été identifié en sa qualité de membre du parti Identité-Libertés de Marion Maréchal", a affirmé le plaignant sur son compte X, reprenant une information publiée par Mediapart, elle-même issue d'un média breton, Spann.
L'ombre du parti Identité-Libertés
Si cet engagement partisan était avéré, ses prises de parole régulières sur le plateau de CNews devraient être comptabilisées comme du temps politique, et non journalistique. Ce dossier s'inscrit dans un contexte réglementaire strict, l'Arcom imposant le décompte de la sensibilité de chaque intervenant. "À quelques semaines du lancement de la campagne présidentielle de 2027, l'enjeu central demeure la qualité, la loyauté et la transparence du débat public. Ces exigences s'imposent à tous, sans exception", a justifié Amine Elbahi.
Il poursuit : "Je mesure pleinement les éventuelles conséquences sociales et professionnelles de cette intervention. Mais cela ne peut prévaloir sur l'exigence de vérité et de sincérité dans le débat public. Mon avenir personnel importe peu au regard de ces impératifs démocratiques."
La riposte d'Erik Tegnér avec un huissier
La contre-attaque du journaliste mis en cause a été immédiate. Dès le 11 juin 2026, Erik Tegnér a formellement rejeté ces allégations d'engagement partisan. Pour asseoir sa défense, il a mandaté un huissier chargé de vérifier les registres d'adhérents du mouvement politique concerné, prouvant ainsi que son nom n'y figure pas.
L'animateur et rédacteur en chef du média identitaire Frontières annonce également déposer une plainte pour diffamation. "Je ne suis membre d'aucun parti politique, c'est une manipulation grossière destinée à me nuire et à fragiliser l'émission", a-t-il affirmé lors d'un entretien accordé au Figaro.
Une crise qui fragilise l'équilibre de CNews
Ce conflit par médias interposés rend la co-animation de l'émission "100% Frontières" très complexe. La direction de CNews observe pour le moment le silence face à cette fracture interne, alors même que la jurisprudence de l'Arcom expose la chaîne à de possibles sanctions financières. L'événement surprend le milieu audiovisuel. Comme le notent les observateurs dans TV Magazine : "C'est la première fois qu'un intervenant régulier d'une chaîne utilise les instances de régulation contre l'un de ses propres collègues."
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