Stellantis arrête 4 usines françaises : 8 400 salariés au chômage partiel

Publié par Stéphane Leduc
le 21/10/2026
Stellantis
Istock
Photo d'illustration
Le constructeur automobile Stellantis suspend temporairement la production sur ses sites de Mulhouse, Poissy, Rennes et Sochaux, plaçant 8 400 salariés et 1 900 intérimaires en chômage partiel.

L'industrie automobile française subit un brutal coup de frein en cet automne. Le géant de l'automobile gèle temporairement les lignes d'assemblage de quatre de ses principaux sites hexagonaux, confronté simultanément à des blocages logistiques sur l'électrique et à des impératifs d'ajustement commercial. Cette mesure d'envergure paralyse une part substantielle de l'appareil productif national du groupe.

Un coup d'arrêt industriel pour quatre sites et plus de 10 000 travailleurs

Le calendrier des fermetures s'échelonne sur la deuxième moitié du mois d'octobre. Selon la direction du groupe, le site de Mulhouse interrompt sa production du 15 au 30 octobre, suivi par Poissy du 19 au 23 octobre. Les usines de Rennes ferment du 22 au 30 octobre, tandis que celle de Sochaux stoppe ses chaînes du 23 au 30 octobre.

Ce coup d'arrêt frappe durement les effectifs. L'opération place 8 400 salariés en chômage partiel, représentant près de 20 % des effectifs français du constructeur. Les collaborateurs touchés perçoivent une indemnité compensatoire établie à 84 % de leur salaire net. À ce contingent s'ajoutent 1 900 intérimaires dont les contrats se retrouvent non reconduits ou basculés en chômage technique.

La colère et le désarroi dominent parmi les représentants du personnel face à des pertes de revenus directes. « Nous sommes inquiets : entre l'impact financier de l'activité partielle et la hausse des carburants, tout cela pèse sur le pouvoir d'achat. Et si la situation perdure, cela risque de devenir explosif », alerte Laurent Valy, délégué syndical CFDT du site de Rennes.

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Le goulot d'étranglement des batteries ACC face au casse-tête des stocks

La situation industrielle révèle un contraste saisissant selon les usines. À Sochaux et Rennes, les carnets de commandes débordent pour les nouveaux SUV électriques Peugeot 3008, Peugeot 5008 et Citroën ë-C5 Aircross. Pourtant, ces modèles restent bloqués en usine faute de composants indispensables, précisément les accumulateurs grande capacité de 97 kWh.

La gigafactory ACC de Billy-Berclau Douvrin, consortium réunissant Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, affronte une montée en cadence industrielle particulièrement laborieuse. L'équipementier n'arrive pas à satisfaire le volume réclamé par les constructeurs. « Cette décision est liée à une disponibilité insuffisante de certaines batteries destinées aux versions Long Range de nos véhicules électriques. La demande pour ces versions est soutenue, en particulier de la part des clients professionnels, et reste supérieure aux capacités actuelles d'approvisionnement », précise la direction France de Stellantis. De son côté, Matthieu Hubert, secrétaire général d'ACC, tempère sur France Inter : « On tourne vraiment au maximum de nos capacités actuelles. On a fabriqué en septembre plus que toute l'année 2025 réunie ».

Le motif d'interruption s'avère totalement distinct à Mulhouse et Poissy. Dans ces deux centres, la pause technique répond au ralentissement des ventes sur des véhicules en fin de cycle, comme les Peugeot 308, Peugeot 408 et DS 7. Stellantis impose un déstockage massif des parcs pour assainir les volumes avant les futures réorganisations de lignes. Pour les clients attendant la livraison d'un SUV électrique, ces tensions risquent de reporter de plusieurs semaines la remise des clés, mettant à l'épreuve l'autonomie de la filière européenne face à ses rivaux asiatiques.

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