Il y a un mois, les hôteliers et restaurateurs du Languedoc-Roussillon ont reçu un mail de la police judiciaire de Montpellier, leur demandant de signaler les personnes issues des pays de l'Est au comportement suspect. Certains professionnels y ont vu un appel à la délation.
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Un malaise se fait sentir chez les hôteliers et restaurateurs de la région Languedoc-Roussillon. En effet, selon France 3 Languedoc-Roussillon, ces derniers ont reçu, il y a un mois, un mail provenant du Service régional de la police de Montpellier (SRPJ) leur demandant de garder un œil sur les personnes originaires de l’est de l’Europe qui séjournent dans leur établissement, et dont le comportement leur parait suspect.Plus précisément, le document incite les hôteliers à "signaler l'arrivée dans (vos) établissements d'individus originaires d'Europe de l'est, en groupe ou en famille", avec, si possible, le numéro de leurs plaques d'immatriculation. Le but de cette initiative policière est de "de prévenir le cambriolage en bande organisé, les vols aux distributeurs de monnaie, le proxénétisme".

Un sentiment de gêne chez les professionnels

Jacques Mestre, le président régional de l’Union des Métiers des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) ne conteste pas le fond du mail reçu. Pour lui, la démarche policière "va dans le bon sens". En revanche, la participation sollicitée le met dans l’embarras : "En gros, on veut que nous agissions sur une impression, sachant que même si on pense que quelqu’un peut, par exemple, être un souteneur, il y a quand même toujours une bonne part de doute !". Et d’ajouter : "imaginez que l’on se trompe. On cause alors du tort à un innocent et on peut aussi nous attaquer pour discrimination ou délit de faciès".

Les policiers en appellent au civisme des hôtelliers

De leur côté, les policiers se défendent de toute forme de discrimination. Le SRPJ de Montpellier précise dans le Midi Libre que la démarche vise uniquement à prévenir et à lutter contre la "recrudescence" à Montpellier de "la prostitution organisée par des proxénètes venus de certains pays d'Europe de l'Est, Bulgarie ou Roumanie notamment". Selon les forces de l'ordre, des réseaux mafieux amènent des filles pendant une courte période dans un hôtel "où elles sont livrées aux clients, avant de les changer de ville". La police ajoute qu’il s’agit "phénomène de criminalité organisée, contre lequel nous devons lutter" et que les hôteliers sont en mesure de repérer ce type de clientèle. 

Ainsi, la police judiciaire y voit plus une forme de civisme que de délation. Elle insiste sur le fait que, en cas de doute de la part du gérant, leur service sera le plus à même d’effectuer des vérifications sans pour autant "débarquer d’un coup à l’hôtel". Les policiers précisent en outre que la collaboration par mail, notamment concernant l’envoi d’avis de recherche a permi d’arrêter de dangereux malfaiteurs.

Afin de dissiper le malaise, Jacques Mestre devrait, au nom de la profession, rencontrer rapidement la police.

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