Ils lui font croire qu'un aérosol doit être administré par voie anale à un retraité : une infirmière piégée par une mauvaise blague
L'affaire a secoué le milieu médical en mettant en lumière des pratiques dégradantes réalisées sous le couvert d'une prétendue plaisanterie. Alors que les exécutantes directes de cette tromperie ont déjà fait face à la justice, le débat persistait sur l'implication de leur hiérarchie.
Le directeur de l'établissement relaxé par la cour d'appel
La cour d'appel de Gand a rendu ce 29 juillet 2026 une décision innocenant le directeur de l'établissement de soins de Nieuport, rapporte la presse locale. Poursuivi depuis plusieurs années, le responsable hiérarchique échappe définitivement à une condamnation pénale dans ce dossier de maltraitance.
Le motif de cette relaxe repose sur une analyse stricte du droit pénal. Le tribunal a estimé que le chef d'accusation de "coups et blessures involontaires" ne pouvait être légitimement retenu contre le dirigeant. Comme le précise le communiqué de la cour d'appel de Gand, "la justice a estimé que la responsabilité pénale du dirigeant ne pouvait être engagée pour cet acte dégradant commis par ses subordonnées". Les juges ont considéré que des actes commis de manière totalement délibérée par des employées échappent au contrôle direct de la direction.
Cette décision vient parachever un volet judiciaire ouvert lors de la précédente audience. En mai 2025, les deux infirmières à l'origine du piège avaient été lourdement condamnées par les tribunaux belges. La justice établit donc une distinction nette entre les soignantes ayant exécuté le canular, et la direction de l'institution.
Un bizutage sordide sur un résident souffrant de démence
Ce dossier trouve son origine en 2017. Deux infirmières expérimentées décident de persuader une jeune collègue stagiaire qu'un protocole médical strict exige l'administration d'un aérosol par voie anale sur un retraité. La nouvelle recrue, confiante en l'expertise de ses aînées, s'exécute sans remettre en cause la directive absurde.
La victime de ce drame est un résident âgé de 90 ans. Atteint de démence, ce patient vulnérable ne disposait d'aucun moyen pour comprendre cette intervention factice. Les enquêteurs ont rapidement requalifié cette mascarade en acte de maltraitance caractérisé, pointant l'indignité de l'humiliation infligée. Le délai séparant les faits de ce jugement illustre d'ailleurs la grande lenteur des procédures, s'étirant de 2017 à 2026.
Les enjeux de la responsabilité hiérarchique expliquent la mise en cause initiale du directeur. L'accusation cherchait à prouver l'existence d'une culture d'entreprise toxique ou d'un manque de surveillance ayant rendu ce bizutage possible. Le débat juridique s'est focalisé sur la responsabilité d'un employeur lorsque ses équipes commettent des infractions intentionnelles en dehors de tout protocole de soin validé.
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