À Champlan, le maire divers droite aurait refusé l'inhumation d'un bébé rom dans sa commune. Au centre d'une vive polémique, il a par la suite nié s'être opposé à ces obsèques. Plus de détails.

Dimanche 4 janvier, le maire de la commune de Champlan dans l’Essonne s’est retrouvé au centre d’une vive polémique. En cause, le refus par cet édile de l’inhumation d’une petite fille rom, âgée de deux mois et demi et décédée dans la nuit du 25 au 26 décembre. Retour sur cette affaire qui est remontée jusqu’à Matignon.

"Aucune explication"

La mort de Maria Francesca est survenue dans la nuit du 25 au 26 décembre. Victime d’une mort subite du nourrisson, la petite fille avait été conduite dans un hôpital Longjumeau puis dans un autre établissement de Corbeil-Essonnes, en vain. Son décès a été constaté le 26 décembre. Suite à ce drame, une entreprise de pompes funèbres a démarché la mairie de Champlan afin de procéder à l’inhumation du bébé dans le cimetière de la commune. Or, la mairie refuse en ne donnant "aucune explication" comme l’explique Julien Guenzi, le gérant de l’entreprise en charge des funérailles. Précisant auprès de l’AFP que ce type de décision est "très rare", ce dernier maintient sa version.

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De son côté, Christian Leclerc a justifié sa décision en mettant en avant le "peu de places disponibles" préférant donner la priorité "à ceux qui paient leurs impôts locaux". Des propos qui vont susciter une vive émotion et qui obligeront le maire à changer sa position.

"Une injure à sa mémoire"

Dans la journée de dimanche, plusieurs responsables et élus se sont joints à l’indignation qui enflait. Jacques Toubon, le nouveau Défenseur des droits, a annoncé qu’il se saisissait d’office du dossier pointant des "discriminations devant la mort". Puis, c’est le Premier ministre Manuel Valls qui s’est exprimé sur cette affaire. Sur Twitter, le chef du gouvernement a condamné la position de Christian Leclerc déplorant une "injure à sa mémoire" ainsi qu’une injure "à ce qu’est la France". Une indignation qui par ailleurs trouvé un écho à droite à l’image de la condamnation formulée par Nathalie Kosciusko-Morizet qui s’est insurgée contre un acte "inqualifiable" et "aux antipodes des valeurs humanistes".

Le maire UMP de Wissous, la commune voisine qui a accepté l’inhumation, a de son côté mis en avant un "souci d’humanité".

Le maire se dit victime d’une instrumentalisation

Face à cette polémique qui prenait de plus en plus d’ampleur, Christian Leclerc est sorti du silence expliquant qu’il ne s’était jamais "opposé à cette inhumation" pointant une erreur de l’entreprise de pompes funèbres ainsi qu’une instrumentalisation dont il ferait l’objet. "Au nom de la commune de Champlan, j'adresse à la famille et à leurs proches mes sincères condoléances et toute ma compassion pour la perte de leur enfant. Je souhaite vivement que son inhumation puisse avoir lieu dans la commune de Champlan, ville où elle réside" a-t-il assuré dans un communiqué.

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Une volte-face qui a du mal à convaincre certains administrés de la commune ainsi que l’opposition. Par ailleurs, le président de la Licra a fait savoir hier soir que l’association envisageait des poursuites judiciaires.

La petite Maria Francesca sera inhumée ce lundi 5 janvier à Wissous.

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