Élise Lucet, de justicière à accusée : la méthode Cash Investigation sur le grill
Visée par une plainte pour "non-dénonciation de crimes" sur mineurs suite à un reportage sur le périscolaire parisien, Élise Lucet voit les méthodes de Cash Investigation publiquement contestées.
La figure emblématique de l'investigation sur France Télévisions fait face à des accusations inhabituelles. Après la diffusion d'un numéro consacré aux dysfonctionnements scolaires, des familles dénoncent l'absence de signalement immédiat des faits filmés par ses équipes. Ce dossier judiciaire interroge les limites éthiques du métier de journaliste lorsque des enfants sont impliqués.
Une plainte inédite : Élise Lucet visée pour "non-dénonciation de mauvais traitements"
Le 14 avril 2026, les parents d'un élève de l'école maternelle Saint-Dominique, dans le VIIe arrondissement de Paris, ont déposé plainte contre Élise Lucet, la société Premières Lignes et l'équipe de Cash Investigation, selon l'AFP et Planet.fr. Cette démarche s'appuie sur l'article 434-3 du Code pénal, qui punit la non-dénonciation de mauvais traitements ou d'agressions sur un mineur, précise Le Média en 4-4-2. Il est spécifiquement reproché à la rédaction d'avoir capté des scènes de violences sans en informer immédiatement la justice.
Le "délai de l'ombre" : neuf mois de silence pour un scoop ?
Les images incriminées ont été tournées en caméra cachée à compter d'avril 2025, indique Me Julien Roelens à TV5Monde. Sur 27 heures de rushes, l'équipe aurait documenté des violences psychologiques et physiques, dont un baiser forcé imposé à un enfant, rapporte Closer. Le documentaire n'a été diffusé que le 29 janvier 2026. "Avoir dissimulé ces faits est un délit, d'autant plus grave qu'un signalement aurait permis de protéger les enfants", fustige l'avocat des plaignants dans un communiqué du cabinet Joshua.
La défense de "Cash Investigation" : le rôle de service public en avant
Face à ces attaques, la production et France Télévisions qualifient les accusations d'"inexactes et mensongères", défendant fermement leur rôle de service public auprès de Puremédias. La rédaction assure que les autorités n'étaient pas ignorantes : "dès le 7 mai 2025, soit au moment où notre journaliste tourne, la CASPE et les services de la mairie de Paris ont déjà pris la décision de suspendre un animateur", précise-t-elle à TV5Monde. L'équipe insiste sur le fait que ces enquêtes nécessitent un temps long, ayant abouti à plusieurs mises à pied après la diffusion, souligne La Provence.
La "méthode Lucet" face à l'éthique citoyenne
Habituée à demander des comptes aux puissants, Élise Lucet est contrainte de justifier ses pratiques éditoriales, note Télé Star. La justice devra déterminer si la protection des sources prévaut sur l'obligation de dénoncer des délits en cours. Cette affaire provoque des remous jusqu'au sein de France Télévisions : Michel Drucker a récemment confié sur CNews avoir "la dent dure" contre ce type de journalisme, dévoile Télé Star. L'issue de cette procédure pourrait fixer un précédent pour l'investigation télévisée.
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