Bernard Arnault - Son nouveau mégayacht et les millions d'euros d'économies fiscales grâce aux paradis fiscaux
Le patron du groupe LVMH attire de nouveau l'attention médiatique en ce début d'année. Après ses déclarations retentissantes sur son patriotisme fiscal l'an dernier, une récente enquête lève le voile sur les méthodes d'optimisation entourant sa toute dernière acquisition maritime. Le milliardaire navigue habilement entre pavillons étrangers et failles législatives.
Un mastodonte des mers à 500 millions d'euros : la démesure signée LVMH
Le nouveau navire de 143 mètres de long redéfinit les standards du luxe sur l'eau. Construit par le chantier néerlandais Feadship, une entreprise d'ailleurs rachetée par le groupe LVMH en 2008, ce navire illustre une spectaculaire opération totalement intégrée. Son volume intérieur serait "trois fois supérieur à celui du yacht Koru de Jeff Bezos", selon les informations publiées par le Journal des Femmes en février 2026.
Pour une facture estimée à plus de 500 millions d'euros, ce géant des mers vient compléter une collection impressionnante. Il offre des prestations exceptionnelles avec ses neuf ponts, ses dix-huit cabines luxueuses et son héliport, nécessitant un équipage de 80 personnes pour répondre aux besoins d'une trentaine d'invités privilégiés.
Les coulisses d'un montage financier entre Malte et le Luxembourg
Derrière ce faste ostentatoire, la propriété du bâtiment repose sur une architecture financière complexe. L'embarcation appartient officiellement à la société Concerto Yachting Limited, immatriculée à Malte, d'après les révélations dévoilées par Mediapart en mars 2026. Ce choix de pavillon de complaisance s'associe à un prête-nom et une entité basée au Luxembourg.
Ce mécanisme procure une réduction drastique de la TVA et garantit une exonération totale des taxes foncières françaises. Face aux interrogations, le groupe défend sa position dans un communiqué relayé par le Tribunal du Net, affirmant que "Malte est un État membre de l'Union européenne dont l'expertise maritime est reconnue."
L'art de l'esquive face à la nouvelle "taxe sur les holdings" de 2026
La récente loi de finances 2026 a instauré une taxe de 20 % sur les biens somptuaires détenus via des holdings, afin d'endiguer la suroptimisation. Pour contourner habilement cette mesure, le navire se trouve enregistré comme un bateau de commerce destiné à la location, lui permettant d'échapper théoriquement à cette imposition inédite, précise Mediapart.
Cette manœuvre juridique et comptable résonne étrangement avec les déclarations publiques de Bernard Arnault. Lors de son intervention au Sénat en mai 2025, l'homme d'affaires clamait haut et fort : "Je suis certainement le tout premier contribuable de France".
Les "confidences" et réactions : un secret des affaires bien gardé
Pour justifier ce statut commercial protecteur, le milliardaire louerait en réalité son propre navire à sa structure maltaise. Interrogé par Mediapart, le porte-parole de l'homme d'affaires invoque le "secret des affaires" pour refuser tout commentaire détaillé sur cette acquisition.
La défense se cantonne à une justification sectorielle, le représentant soulignant que "c'est une pratique courante dans l'industrie du yachting." Lors de cette même audition sénatoriale de 2025, le magnat du luxe rappelait pourtant avec insistance que son empire constituait le groupe le "plus patriote" du CAC 40 en matière d'impôts.