Retraites : François Hollande se démarque de la gauche en prônant un départ à 63 ans
L'ancien chef de l'État prépare activement l'échéance présidentielle à venir. Dans son ouvrage Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (éditions Robert Laffont) à paraître le 3 septembre et dévoilé ce 27 août, l'actuel député de Corrèze présente plus de 80 propositions pour redessiner l'avenir du pays. Au cœur de ce projet, sa vision de l'équilibre financier et des pensions bouscule les lignes traditionnelles de l'opposition.
Un âge pivot à 63 ans et un frein temporaire sur les pensions
Pour l'ancien président, la précédente réforme ne règle pas l'équation sur la durée. "Le dossier des retraites reviendra inéluctablement sur la table", affirme-t-il dans les colonnes du magazine Le Point. Sa mesure phare consiste à instaurer un âge légal de départ "aux alentours de 63 ans" dès le 1er janvier 2028..
Pour garantir la viabilité du modèle sans creuser le déficit, l'ex-président avance plusieurs leviers financiers. Il préconise un allongement progressif de la durée de cotisation piloté par les partenaires sociaux. Selon lui, "l'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence." Le dispositif prévoit également une sous-indexation des pensions de retraite, dont la revalorisation annuelle serait plafonnée à 1 % par an pendant cinq ans, ainsi que l'introduction d'une dose de capitalisation gérée paritairement.
Une rupture assumée avec la gauche et de lourds enjeux pour les assurés
Cette proposition isole François Hollande au sein de son propre camp politique. L'ancien président rejette les promesses d'abrogation totale vers 60 ou 62 ans formulées par les autres forces d'opposition. Il écarte toute participation à la primaire sociale-démocrate prévue en octobre et confirme une rupture totale avec La France insoumise, avec laquelle aucune alliance électorale n'est jugée possible.
Ce positionnement s'inscrit dans la continuité de son quinquennat et de la réforme Touraine de 2014, qui privilégiait le nombre de trimestres cotisés plutôt qu'un relèvement brutal de l'âge minimum. Pour les futurs retraités nés autour des années charnières, ce mécanisme génère toutefois de nouvelles incertitudes quant à leur date exacte de départ. Par ailleurs, pour les pensionnés actuels, la limitation des revalorisations à 1 % représente un risque direct de baisse de pouvoir d'achat si l'inflation annuelle dépasse ce seuil.
Reste à savoir si ce programme servira de socle électoral. "Si la situation l'exige et que j'ai la conviction, au mois de décembre, qu'un rassemblement est possible et que je peux en être l'expression, j'en tirerai les conclusions" précise l'ancien chef de l'État dans Le Point, fixant son arbitrage politique définitif à l'échéance de décembre 2026.
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