Depuis des mois déjà, le gouvernement travaille à la réforme des retraites. Pour s'assurer du retour à l'équilibre des comptes, le Premier ministre pourrait prendre une décision susceptible de déplaire à une partie considérable de la population…
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Retraite : Edouard Philippe favorable à un allongement de la durée de cotisation ?

"Travailler davantage, notamment tout au long de la vie", lançait Emmanuel Macron, fin avril, à l’occasion d’une conférence de presse pendant laquelle il annonçait notamment une baisse des impôts sur le revenu de 5 milliards d’euros d’ici 2020. Un mantra qui résume assez bien le projet actuel de l’exécutif, particulièrement dans le cadre de la réforme des retraites, indique Le Figaro.

D’après le quotidien, le Premier ministre pourrait en effet "décider d’accélérer le relèvement prévu à partir de 2020" de la durée de cotisation nécessaire pour prétendre au temps plein. En pratique, il s’agirait de faire entrer en vigueur la loi Touraine plus tôt que prévu, dès 2020. Votée en 2014, sous François Hollande, cette dernière ne devait être effective qu’à partir de 2035. Elle permettrait au gouvernement de faire passer le nombre de trimestre nécessaire de 167 à 172, forçant de facto les assurées et les assurés à travailler plus longtemps s’ils souhaitent percevoir une pension non minorée…

L’exécutif craint en effet qu’un seul système de surcote-décote n’encourage les travailleurs et les travailleuses à partir en retraite plus tôt, quitte à ne pas pouvoir compter sur une indemnité aussi importante.C’est un problème pour Emmanuel Macron et ses ministres : compte tenu des récentes conclusions apportées par le Conseil d’orientation des retraites (Cor), tout laisse à penser que le système pourrait s’avérer déficitaire dès 2022… Une situation susceptible de se poursuivre jusqu’en 2042, au moins. Le président de la République doit donc trouver quelques 10 milliards d’euros pour le financer.

Retraite : le niveau de vie des assuré(e)s en chute libre ?

Statistiquement, le niveau de vie des retraités et des retraitées s’avère légèrement plus élevé que celui des actifs et des actives, en France. C’est le cas depuis plusieurs années déjà, comme l’indiquent les chiffres récemment publiés par la Direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques (DREES).

Pour autant, le gouvernement mène depuis l’élection d’Emmanuel Macron une politique plus favorable aux actifs – et particulièrement aux entreprises – susceptible de se faire, parfois, au détriment de celles et ceux ayant déjà mis un terme à leur activité professionnelle. "A partir de 2030, le niveau de vie des retraités devrait passer sous celui des travailleurs. Le chemin de croix pourrait donc encore durer", expliquait d’ailleurs Philippe Crevel – macro-économiste et directeur du Cercle de l’Epargne – dans nos colonnes.

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